‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 156 sur 179 · EMPOISONNEMENT PAH L’EXTRAIT DE BELLADONE · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENT PAH L’EXTRAIT DE BELLADONE

(Bulletin général de thérapeutique et Abeille médicale, janvier 1883.)

Le professeur Moss signale une curieuse observation d’empoisonnement par l’extrait de belladone. Il s’agit d’une malade qui au lieu de se faire une friction avec l’extrait de belladone, s’en seryit en lavement. Cinq minutes après que le lavement fut rendu, la malade fut prise des accidents les plus graves de l’empoisonnement par la belladone : le pouls devint imperceptible et la respiration très fréquente. Comme traitement on employa un lavement, purgatif, du café noir à l’intérieur et des sinapismes aux jambes. Au bout de six heures il y avait une amélioration notable. Les phénomènes cérébraux durèrent vingt-quatre heures. Le docteur Moss rejeta les antagonistes de la belladone, tels que l’opium, la fève de Calabar et la pilocarpine, comme pouvant aggraver les phénomènes de l’empoisonnement. En dosimétrie on n’admet pas également les antagonistes médicamenteux, chaque médicament ayant son action propre ou pharmacodynamique. Dès lors on comprend que la strychnine soit, non l’antidote de l’atropine, mais plutôt son congénère physiologique, puisqu’il rétablit l’équilibre fonctionnel — non comme agent chimique, mais par simple catalyse.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

d’une ALTÉRATION DU SANG DANS LES MALADIES INFECTIEUSES AIGUËS.

D’après Bergmann, dans les maladies infectieuses aiguës qui se signalent par la végétation de bactéries dans le sang.— comme dans le charbon, la fièvre récurrente, la tuberculose aiguë, etc. — il existe un rapport particulier entre les bactéries et les globules blancs du sang ; elles pénètrent dans ces derniers, s’y multiplient et amènent la désagrégation des leucocytes et leur dissolution. Cette dissolution explique les signes communs de l’infection par les micro-organismes végétant dans le sang, et l’intoxication par certains ferments — comme la pepsine, la trypsine et la sepsine : une fièvre typhoïde typique, la tuméfaction des organes hémato-poïétiques de la rate et des ganglions lymphatiques, la coloration ictérique de la peau, les troubles gastro-intestinaux et la faiblesse cardiaque qui se développe rapidement, ces signes, ainsi que les symptômes nerveux, sont précisément ceux qu’on regarde comme pathognomoniques dans les maladies infectieuses aiguës.

D’où la nécessité d’insister sur les parasiticides, et non de se borner à une stérile histoire naturelle. Les anciens savaient que l’arsenic préserve des fièvres infectieuses. Nous, qui connaissons la cause de ces fièvres, c’est-à-dire les bactéries, nous avons peur des alcaloïdes. Nous? c’est-àdire Messieurs de l’École. — L’arséniate de strychnine, voilà donc le véritable cheval de bataille du médecin.

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