‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 16 sur 179 · AZOTE · texte numérisé non relu

AZOTE

ACIDE

PHOSPHORIQUE

ACIDE

PHOSPHORIQUE

aux anesthésiques

ACIDE

PHOSPHORIQUE

aux alcools

Agitation.

Dépression.. ■

Rémission.

Convalescence.

Nous laisserons de côté ce qui a trait à la rémission et à la convalescence, pour ne nous occuper que des périodes d’agitation et de dépression. Pour que l’agitation marque son action sur l’acide phosphorique éliminé par les urines, il faut que cette agitation ait une certaine intensité, sinon aucune modification ne se produit. De plus, à une agitation d’apparence extérieure semblable, peuvent correspondre des modifications un peu différentes dans l’élimination de l’acide phosphorique, suivant qu’on considère la période d’état ou la période de déclin de la maladie : à la période d’état le chiffre de l’acide phosphorique uni aux terres, est plus augmenté qu’à la période de déclin, tandis que le chiffre de l’acide phosphorique uni aux alcalis, reste le même dans les deux cas. Or, comme dans la période d’état les troubles intellectuels sont plus marqués qu’à la période de déclin, on est amené — d’après ce que nous apprend la physiologie — à attribuer à ces troubles la plus grande augmentation constatée dans le rendement des phosphates terreux; tandis que l’augmentation des phosphates alcalins se rattacherait à l’élément agitation. Cette manière de voir s’impose lorsqu’on compare les périodes d’agitation et de dépression:. Dans cette dernière, en effet, les troubles psychiques persistent, l’augmentation de l’acide phosphorique uni aux terres persiste, tandis que—l’agitation ayant disparu—le chiffre de l’acide phosphorique uni aux alcalis diminue. Nous pouvons donc dire que : la manie , dans la période d’agitation et de dépression , augmente les échanges nutritifs qui se passent au sein de la substance nerveuse. Et comme l’augmentation de l’acide phosphorique uni aux alcalis est entièrement

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liée à l’élément agitation de même que l’augmentation de l’azote, et que nous avons vu le travail musculaire augmenter le chiffre de ces deux substances, il est naturel d’attribuer à la suractivité du système musculaire pendant l’agitation maniaque, une part dans l’augmentation de l’azote et de l’acide phosphorique uni aux alcalis. Nous disons une part ;, et, en effet, cette augmentation reconnaît encore une autre origine : elle est liée à une suractivité de la nutrition générale, suractivité qui n’existe plus dans la période de dépression. Ici, en effet, la diminution de l’azote et des phosphates alcalins prouve que la nutrition générale est ralentie. Nos recherches sur la manie nous conduisent donc aux conclusions suivantes : 1° la manie modifie diversement, suivant les périodes, l’élimination par les urines de l’acide phosphorique et de l’azote ; 2° la manie modifie les échanges nutritifs qui se passent au sein.de la substance nerveuse : elle les augmente; 3° la manie retentit sur la nutrition générale, qu’elle suractive dans les périodes d’agitation et qu’elle ralentit dans les périodes de dépression.

Lypémanie et acide phosphorique. — La lypémanie—lorsqu’elle a une certaine intensité—augmente le chiffre de l’acide phosphorique uni aux terres, et diminue le chiffre de l’acide phosphorique uni aux alcalis et de l’azote. Elle modifie donc l’élimination de ces substances, de la même manière que le travail intellectuel et les modifications produites sont susceptibles, dans les deux cas, des mêmes interprétations. De sorte que nous pouvons dire : 1° la lypémanie augmente les échanges en acide phosphorique qui se passent au sein de la substance cérébrale; 2° la lypémanie ralentit la nutrition générale.

Le retentissement de la lypémanie sur la nutrition générale est une question intéressante à étudier dans son ensemble. Nos recherches à ce sujet sont encore fort incomplètes; cependant des expériences faites sur la numération des globules du sang dans cette forme d’aliénation mentale, prouvent que la lypémanie a une grande influence sur l’hematopoïese : elle peut modifier dans des proportions parfois considérables, les rapports entre les globules blancs et les globules rouges.

Épilepsie et acide phosphorique. -L’épilepsie—en dehors des attaques et de l’état du mal — ne modifie pas l’élimination de l’acide phosphorique uni aux terres, et de l’acide phosphorique uni aux alcalis, ainsi que de l’azote. De plus, l’augmentation des phosphates terreux se trouve en dehors des attaques, sous l’influence des vertiges, tandis que dans ces cas l’azote et les phosphates alcalins ne sont pas augmentés. Par conséquent,l’augmentation de l’acide phosphorique uni aux terres — qu’on constate sous l’influence des attaques — doit être attribué, comme dans le travail intellectuel, à un déchet en acide phosphorique dû à une suractivité dans les échanges en cet acide qui se passent au sein de la substance nerveuse. Inversement, l’augmentation de 1 acide phosphorique uni aux alcalis et de l’azote, doit être recherchée ailleurs que dans le système nerveux; elle est due à la mise en activité du système musculaire qu’entraînent après elle les attaques. L’état de mal épileptique produit dans 1 élimination de l’azote et de l’acide phosphorique, des modifications de même ordre que celles auxquelles donnent lieu les attaques, et qui reconnaissent la même origine. Ces différents faits établis, nous pouvons résumer comme suit les rapports existants

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entre l’épilepsie et l’acide phosphorique : 1 ° dans l’épilepsie en dehors des attaques et de l’état du mal, l’élimination de l’azote et de l’acide phosphorique par les urines n’est pas modifié ; 2 ° les attaques et l’état du mal épileptique augmentent l’élimination de l’azote et de l’acide phosphorique ; ils suractivent les° échanges qui se passent au sein du système nerveux. En résumé, les recherches que nous avons faites montrent que les maladies fonctionnelles du système nerveux modifient les échanges nutritifs qui se passent au sem de ce système, et qu’on peut se rendre compte des modifications produites par l’examen des urines. C’est bien, en effet, à la nutrition qu’il faut attribuer les modifications que nous avons constatées dans l'élimination des phosphates. Ces modifications sont indépendantes de la forme que revêt l’activité nerveuse. Elles sont les mêmes lorsque celle-ci s’exprime par des troubles de 1 idéation— comme dans l’aliénation mentale — ou par des troubles d’un autre ordre — comme dans l’épilepsie 5 elles sont les mêmes, peu importe la forme que rejet l’idéation ; on les retrouve, en effet, dans les deux formes les plus opposées de l’aliénation mentale : dans la manie et la lypémanie. Ces modifications nutritives que produisent les maladies fonctionnelles du système nerveux, et qui mettent en relief nos recherches, donnent lieu à des indications thérapeutiques sur lesquelles nous n’insisterons pas et qu’on retrouvera dans notre travail. »

La conclusion pratique est : qu’il faut insister particulièrement sur l’emploi de l’hypophosphite de strychnine et les phosphates alcalins dans les maladies d’épuisement. Par suite de l’énorme travail intellectuel auquel nous nous livrons, il y a longtemps que nous serions gâteux si nous ne prenions tous les soirs de la strychnine, de l’aconitine.de la digitaline. Nous soupçonnons, chez nos adversaires, un certain degré de lypémanie dans l’inconcevable résistance qu’ils nous opposent. Ils sont tristes, mélancoliques de voir que la médecine a progressé sans eux, et ne peuvent pardonner à l’auteur de la dosimétrie ce qu’ils nomment son charlatanisme. Pauvres gens! terminer si tristement une carrière d’adulàtion mutuelle! Pour comble de malheur, le choléra.est venu leur donner le coup de pied de lane. Ils ne voulaient pas d’abord y croire. C’était, à les entendre, une simple cholérine sans importance; et voilà que le fléau s’est dressé devant eux, terrible, inexorable. Ont-ils formule une méthode de traitement? Ils se sont bornés aux banalités qui traînent dans les instructions officielles à chaque épidémie.

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