‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 163 sur 179 · DE LA THERMOMÉTRIE EN MÉDECINE · texte numérisé non relu

DE LA THERMOMÉTRIE EN MÉDECINE

Il y, a des médecins qui se servent du thermomètre pour constater la fièvre — comme dans un appartement pour relever le degré de chaleur. C’est là une grave erreur et un moyen de fraude de la part des malades aux dépens du sérieux qui doit entourer le médecin. Le journal anglais The Lancet signale une fraude de ce genre. Le sujet de cette mystification—qui a duré pendant plusieurs mois —est une femme de quarantedeux ans, un « pilier d’hôpital », et qui simulait plusieurs maladies pour s’y faire admettre. Comme elle s’était aperçue que le thermomètre était le grand moyen de constatation de la fièvre, elle avait trouvé le moyen de simuler une haute température en approchant de la houle de l’instrument, placé sous l’aisselle, soit des cataplasmes, soit des cruchons d’eau chaude qu’on lui mettait pour calmer, soi-disant les douleurs et frissons. Elle produisait ainsi des températures phénoménales, au point qu’on eut la naïveté de faire confectionner un thermomètre spécial pour cette fausse malade. Il paraît que c’est là une fraude qui tend à se généraliser dans les hôpitaux anglais —fort recherchés par les fainéants à cause du confort qui y règne. Le docteur Mohamed rapportait, devant la Société de chirurgie de Londres, un cas de température paradoxale, obtenu à Guy’s Hospital, caractérisé par la même ténacité de simulation, et dont médecins et élèves étaient dupes. La malade — hystérique de quarante-deux ans — parvenait à faire marquer au thermomètre jusqu’à 128° Fahrenheit, c’est-à-dire 53° centigrades. Après avoir joué la Faculté pendantdixhuit mois, elle finit par prendre la scarlatine et mourir. Il est probable que cette fois, par défiance, on crut encore à une température simulée et qu’on ne fit rien pour l’abattre. D’ailleurs, à Londres moins qu ailleurs, on n’emploie pas les alcaloïdes défervescents. La morale de ceci, cest que le médecin doit se tenir sur ses gardes contre les fraudes des malades. Il ne faut pas s’en tenir exclusivement au thermomètre comme moyen de constatation de la fièvre; il y a, avant tout, les troubles vitaux et fonctionnels, auxquels le véritable médecin ne saurait se méprendre ; et, par conséquent,par lesquels on ne saurait le tromper. Le thermomètre, d ailleurs, ne donne que des indications approximatives, cest-à-dire de létat

de la circulation périphérique. Or, il y a des fièvres algides qui sont plus dangereuses que les fièvres chaudes. C’est donc plutôt à son tact que le médecin doit se rapporter.

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