NÉVROSES DU NERF VAGUE
Le docteur Pibrom (1) rappelle les principaux exemples connus de névroses du nerf vague, ayant pour caractère une accélération de la respiration et des contractions cardiaques, de l’emphysème aigu et une dilatation du coeur survenant sous forme d’accès. Il relate le fait d’une dame qui avait jusqu’à 300 pulsations à la minute, avec anémie profonde. Pas d’albuminurie, ni de lésion rénale. Le professeur de Prague a employé inutilement tous les moyens allopathiques, entre autres la digitale, « qui, dit-il, a fait plus de mal que de bien ». L’application du courant faradique a failli tuer la malade. Il en conclut que la thérapeutique a été impuissante.
La thérapeutique classique, oui ; mais non la thérapeutique dosimétrique. Si le docteur Pibrom avait employé simultanément la strychnine (arséniate), l’atropine (valérianate) et la quinine (hydro-ferro-cyanate), il est probable qu’il eût réussi. Mais comme on ne reconnaît qu’une maladie, on ne fait qu’un remède; de là l’insuccès. On ignore la loi de la dominante et de la variante.
Le docteur Kredel (2) rapporte également trois observations de névrose du nerf vague, tirées du service du professeur Riegel, de Giessen. Dans la première, il s’agit d’un homme qui fut pris, la nuit, d’un violent accès de palpitation : pouls, 198-208, avec emphysème aigu. L’accès disparut de lui-même. Les manifestations paroxystiques ont été
(1) Wiener med. Wochenschrift, 1882, n° 22.
(2) Deut, arch. fur hlin. Med,, t. XXX,
dues, ou du moins attribuées, à une compression du nerf vague par des ganglions bronchiques caséifiés. (Gela rappelle les expériences du docteur Pinel sur la névropressimétrie.) Aucun traitement n’est indiqué. G’était le cas de recourir aux arséniates de soude, d'antimoine combinés à la strychnine et à la, quinine, ainsi que l’indique la dosimétrie.
Dans la deuxième observation, il s’agit d’une jeune fille de seize ans : pouls 132-148; respiration 52; emphysème aigu; dilatation du cœur droit; turgescence de la thyroïde; cyanose, toux, expectoration sanguinolente, crachats spumeux ; râles gras et fins dans toute l’étendue des poumons. Aucun traitement indiqué. C’était également le cas d’employer la strychnine, la quinine, les arséniates.
La troisième observation est encore relative à une jeune fille de seize ans, qui offrit à peu près les mêmes phénomènes; le pouls redevint normal au bout de quatre jours. L’auteur n’indique pas de traitement.
Le docteur Winternitz, de Vienne (Autriche) (1), a eu occasion de voir une femme de quarante et un ans, mère de cinq enfants, sujette à des accès quotidiens de dyspnée, avec angoisse précordiale, constriction pharyngienne, spasme douloureux dans le bas ventre, pouls 230 à 260, emphysème aigu et dilatation du cœur. Une foule de médicaments furent employés sans résultat. Une nouvelle grossesse débarrassa la femme de ses accès. Ce qui prouve que la nature est plus efficace que l’allopathie parce quelle procède d’une manière physiologique. Ce n’était pas une foule de médicaments qu’il fallait, mais des médicaments appropriés à la cause et aux-effets.
Deux autres observations du docteur Winfernilz ont trait à l’irritabilité du cœur avec accélération considérable des contractions cardiaques. L’une dé ces observations se rapporte à un individu abusant du tabac à fumer et adonné aux excès vénériens : une simple pression exercée sur la région dorsale du rachis faisait éclater un accès de palpitations. Dans ce dernier cas, il eût fallu recourir, indépendamment des moyens cardiaques, à la cicutine, au camphre monobromé, comme modificateurs de l’hyperesthésie de la moelle épinière.
(1) Berliner klin. Wochenschrift, 1883, n os 7 et 8.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.