‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 173 sur 179 · DE L’ALBUMINURIE DANS LA NÉPHRITE · texte numérisé non relu

DE L’ALBUMINURIE DANS LA NÉPHRITE

« La présence de l’albumine dans les urines n’est qu’accessoire dans la néphrite interstitielle. « Telle est la proposition que soutient le docteur B. Millard dans un travail communiqué à la Société médico-chirurgicale de New-York. Ainsi, dans un cas observé par l’auteur, l’examen répété des urines a montré la présence de pus et d’éléments épithéliaux des reins pendant neuf mois avant qu’on y trouvât de l’albumine, et celle-ci ne parut qu’à l’occasion d’accidents urémiques graves accompagnés d’hémorragies. D’où l’auteur conclut que l’albuminurie ne saurait être considérée comme un signe sérieux de néphrite et que, par suite, on doit avoir plus de confiance dans le microscope que dans les réactifs pour diagnostiquer une lésion rénale.

Cela est très juste. L’albuminurie, et partant l’analbuminose, est toujours le signe d’un état morbide général, c’est-à-dire un trouble de la nutrition, et a sa source la plus fréquente dans la digestion. C’est par suite d’une atonie de l’estomac que ses sucs s’affaiblissent et ne peuvent convertir les principes albuminoïdes en peptones. Cette albumine crue passe ainsi à travers le crible des vaisseaux —■ et on comprend qu’il faille un certain temps pour déceler sa présence dans les urines. Souvent aussi l’albumine est convertie en glucose et occasionne ainsi un véritable diabète.

En somme, c’est parce qu’on laisse la maladie se prolonger que l’albuminurie— qui n’est qu’un affaiblissement des forces vitales—se déclare. Cela s’observe surtout dans les maladies à marche suraiguë, telles que les fièvres éruptives, les inflammations viscérales, etc. 11 faut dans ces cas des alcaloïdes défervescents, afin de relever le plus vite possible les forces digestives. Un malade qui mange n’est plus un malade — pas même un convalescent.

La diète ! voilà l’ennemi !

Qu’on se rappelle les Aphorismes d’Hippocrate.

Aphorisme 4. — « Une diète étroite et rigoureuse dans les maladies aiguës où elle n’est pas indiquée, est chose peu sûre ; et une diète réduite jusqu’aux plus étroites limites est chose nuisible. »

Aphorisme 7. — « Lorsque la maladie est suraiguë, la diète la plus étroite est nécessaire. Autrement lorsqu’une diète plus large est convenable, il faut se relâcher à mesure que la maladie elle-même baisse et se radoucit. »,

Ce qui veut dire qu’il faut abréger lé cours d’une maladie suraiguë, comme on circonscrit un incendie.

Malheureusement le père de la médecine n’avait pas les moyens d’action voulus, la matière médicale lui faisant défaut; mais aujourd’hui que nous avons les alcaloïdes, dira-t-gn qu’il faut laisser les malades s’épuiser dans une abstinence prolongée, au point de devenir albuminuriques? Non sans doute.

Dans notre service de chirurgie nous laissions manger nos blessés jusqu’où ils pouvaient, nous rappelant cet autre aphorisme d’Hippocrate :

Aphorisme 9. — « Il faut observer le malade de manière à conjecturer s’il supportera la diète jusqu’à ce que la maladie ait atteint son plus haut degré de violence ; s’il n’y succombera pas auparavant ou si sa maladie commencera la première de céder et de défaillir. »

N’oublions pas que diète veut dire régime , c’est-à-dire ce que le malade peut supporter en fait de nourriture èt non ce qu’on lui retire. Il faut donc le mettre à même de manger. La plupart des maladies de consomption proviennent d’une nourriture insuffisante. Est-ce à dire qu’il faut engaver les malades comme des volailles à l’engraissement? Nullement. Ce n’est pas ce qu’on mange qui profite, mais ce qu’on digère. Voilà, pourquoi il faut aux malades qui mangent peu : la quassine, l’acide chlorhydrique, la pepsine et au besoin les peptones, quoique ces albuminates ont également besoin d’être digérés.

Tout, cela est élémentaire, et nous n’y reviendrions pas si les médecins allopathes ne considéraient la maladie plutôt que le malade.

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