‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 174 sur 179 · GLYCOSURIE APRÈS, ABLATION DES MAMELLES · texte numérisé non relu

GLYCOSURIE APRÈS, ABLATION DES MAMELLES

La Semaine médicale, dans son numéro du 22 mars 1883, reproduit la communication faite à la Société de .Biologie (séance du 17 mars), par

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. . 445

M. P. Bert, sur le rôle que jouent les mamelles, ou plutôt ne jouent pas, dans le diabète sucré.

Je viens — a dit l’honorable membre — communiquer à la Société le résultat d’uiié expérience récente qui contredit celui que la même expérience m’avait fourni autrefois. Nous plaçant à des points de vue différents, M. Sincty et moi, nous avions extirpé les mamelles à des cochons d’Inde ; ces femelles étant devenues pleines et ayant mis bas, nous n’avons, après le part, trouvé — ni l’un, ni l’autre — trace de sucre dans les urines. J’ai répété, il y a quelque temps, cette expérience sur une chèvre, pensant que l’exiguïté des premiers animaux soumis à l’expérimentation ne m’autorisait à aucune conclusion, et le résultat a été, en. effet, tout différent de celui que j’avais obtenu précédemment. Cette chèvre a mis bas il y a quelques jours ; son chevreau est vivant et la mise bas n’a rien présenté de particulier, et cependant, dès le lendemain, l’urine de cette chèvre contenait une grande quantité de sucre. li en a été de même pendant les trois jours consécutifs. Malheureusement, le chevreau ayant été laissé avec la mère, s’est acharné sur une tétine qui n’avait pas été enlevée et a fini par déterminer un phlegmon abdominal, à la suite duquel le sucre a entièrement disparu de l’urine. Une autre chèvre, placée dans les mêmes conditions hygiéniques que la précédente, ayant mis bas en même temps qu’elle, et nourrissant son chevreau—puisqu’elle n’a pas subi l’extirpation des mamelles —n’a jamais présenté de sucre dans ses urines. Je ne veux tirer aujourd’hui aucune conclusion de cette expérience, que je me propose de répéter sur un certain nombre de sujets.

Ces conclusions sont faciles à faire : elles tendent à prouver que la lactation est un émonctoire du sucre ; mais resterait à démontrer si les mamelles tirent directement le sucre de lait du sang ou l’élaborent elles-mêmes. Il reste également à démontrer pourquoi le sucre existe en si grande abondance chez les diabétiques. Nous avons dit, dans de précédents articles, que c’est faute d’une combustion suffisante. Le sucre provient non seulement des matières carbonées, mais également des matières azotées ou albuminoïdes, et c’est parce qu’il n’est pas brûlé et converti en acide carbonique, qu’il s’amasse dans le sang où il s’acidifie. Nous avons fait voir que chez de jeunes chiens nourris de sucre et placés dans des conditions de respiration insuffisantes, il se produit de l’acide oxalique; de même chez les enfants mal nourris il se forme des calculs d’oxalate de chaux. Nous avons été cinq fois dans le cas de tailler de jeunes enfants pour des calculs durs ou mûraux.

L’expérience de M. P. Bert prouve qu’il est bon de laisser la mère nourrir son enfant, même quand il y R faiblesse de constitution par suite de quelque dyscrasie, parce qu’on peut faire du meme coup le traitement de l’une et de l’autre. Bien entendu qu’il ne faut pas tomber dans l’abus. (Voir notre opuscule Hygiène naturelle .)

Page 1