‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 19 sur 179 · DU DIABÈTE DANS LES AFFECTIONS CHIRURGICALES, PAR M. VERNEUIL · texte numérisé non relu

DU DIABÈTE DANS LES AFFECTIONS CHIRURGICALES, PAR M. VERNEUIL

[Société de chirurgie de Paris. Séance du 7 mai 1884.)

On ne saurait contester que M. Verneuil ne soit un des rares chirurgiens qui croient que pour être bon chirurgien il ne suffit point d être habile de la main. On peut lui appliquer cet adage : Consilio manuque. Il a fait à la Société de chirurgie la relation du cas suivant :

M. N..., soixante-deux ans, est atteintd’un épithélioma du voile du palais, avec ganglions sous-maxillaires. Il présente toutes les apparences de la santé, et un examen attentif ne fait soupçonner aucune tare organique sérieuse. A l’inspection on constate une plaque épithéliale à bords saillants, occupant le tiers gauche de la face buccale du voile du palais, et qui gagne, en dehors, la commissure inter-maxillaire et la partie voisine de la joue, au niveau du sillon génio-alvéolaire. Le pilier antérieur est lui-même envahi par en bas, ainsi que le bord correspondant de la langue, dans une étendue de 1 centimètre et demi environ. Dans la région sous-maxillaire du même côté, existe un groupe de ganglions mobiles, indolents et durs. Malgré l’apparence d’un bon état général, M. Verneuil ayant remarqué la coïncidence du diabète et des épithéliomas buccaux, fit faire l’analyse des urines, qui fournit environ 100 grammes de sucre par jour; en conséquence il ajourna une opération qui semblait très indiquée et qui, de plus, était réclamée vivement par le malade. Le traitement ordinaire eut des effets prompts et décisifs, au bout de treize jours environ on ne retrouvait plus trace de sucre. Ce résultat obtenu, M. Verneuil pratiqua l’extirpation de l’épithélioma par le procédé de Manoury, au moyen du thermocautère. La dyscrasie glycosurique ne tarda pas a se révéler à la suite d’une hémorragie secondaire qui dura plus d’une heure. Dès le lendemain, apparurent quelques symptômes thoraciques : toux légère, oppressive, respiration accélérée, submatité générale, congestion pulmonaire, et le malade succomba dans l’adynamie soixante-quinze heures après l’opération.

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