‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 26 sur 179 · DES FIÈVRES ÉPHÉMÈRES ET DE LEUR TRAITEMENT DOSIMETRIQUE · texte numérisé non relu

DES FIÈVRES ÉPHÉMÈRES ET DE LEUR TRAITEMENT DOSIMETRIQUE

Ces fièvres — comme on sait — exigeaient autrefois l’emploi de la saignée. Les constitutions individuelles et médicales actuelles ne sont-elles plus les mêmes? Toujours est-il que les déplétions sanguines seraient dan-

gereuses aujourd’hui. En effet, la fièvre printanière tend souvent à prendre une forme rémittente ou typhoïde ; c’est ce que démontre le fait suivant :

M. V...., notre beau-frère, se trouvant en visite chez nous, est pris de fortes coliques avec envies de vomir et froid général : on eût dit presque une cholérine; le pouls est lent et faible, le malade fort abattu. Aucun signe de localisation — hormis les coliques. Le malade se plaint de crampes dans la paroi abdominale et des membres inférieurs. — Nous lui faisons prendre, de demi-heure en demi-heure, 1 granule codéine et 1 granule hyosciamine, et faisons appliquer des cataplasmes laudanisés sur le ventre. Mais la dépression vitale empêche l’action des remèdes. Nous avons recours alors à la strychnine et à la vératrine : 1 granule de chaque toutes les demi-heures. Sous l’influence de ces deux alcaloïdes la réaction eut lieu d’une manière franche; mais la teinte cyanosée de la face indiquait un trouble profond de l’hématose. Là est la source de la fièvre, c’est-à-dire une brusque dépression de la vitalité. Faut-il en accuser les microbes? Bon Dieu ! ces infiniment petits sont plus mangés par nous qu’ils ne nous mangent — c’est d’ordre social. — La fièvre s’étant ainsi terminée, la nuit fut bonne, et, le lendemain, notre malade se leva dispos, quoique affaibli. Il a pris dans la journée quelques granules d’arséniate de quinine ; et ainsi de nouveaux accès ont été conjurés. N’est-ce pas là l’histoire de toutes les fièvres adynamiques? Que gagne-t-on à affaiblir les malades, sinon de fortifier la maladie? Ne dirait-on pas que la médecine — telle que l’École l’entend — est une nursery, où l’on cultive de belles pneumonies, de belles pleurésies, de belles méningites — comme nos jardiniers des plantes rares, avec cette différence que les maladies que nous venons de nommer, sont loin d’être rares. — La jugulation de la fièvre adynamique (la seule qui soit à redouter) s’impose donc comme un devoir, y manquer c’est se rendre responsable (moralement et médicalement) de la mort de son malade. En vain prétendrait-on le contraire : l’École s’est mis — comme on dit — le doigt dans l’œil en ne pas voulant reconnaître cette grande loi de la thérapeutique. Elle n’a pas compris que ne pas marcher en avant, c’est reculer. —Le char de la dosimétrie est lancé, et rien ne l’arrêtera plus (1).

(1) C’est cependant ce qu’on s’était promis par la guerre du silence. Ne pouvant plus brûler les inventeurs, on cherche à étouffer leurs inventions — l’une guerre aussi lâche que l’autre. D r B.

PE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

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