‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 33 sur 179 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

DE L’iSOLEMENT DANS LA CONTAGION DE LA ROUGEOLE.

On sait que M. le docteur Marjolin a proposé d’isoler dans les hôpitaux, les enfants atteints de fièvres éruptives : rougeole, variole, scarlatine. La mesure serait excellente si elle était pratiquable. Mais comment

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

isoler de centaines d’enfants? Le plus sage est de les soumettre à un traitement qui rende la maladie bénigne. Ce traitement consiste dans l’emploi dosimétrique de la vératrine et de l’aconitine, quelquefois de la brucine, en cas de prostration nerveuse. Nous rappellerons à cette occasion le fait suivant que nous avons déjà signalé dans le Répertoire. Une épidémie de rougeole régnait à Tournai (Belgique) et dans ses environs. M. du Roy de Blicquy, maire de cette commune, vint réfugier sa jeune famille àGand chez leur grand’mère. Comme j’étais médecin de la maison, il me fit prier de' venir voir l’aînée — une fillette de deux ans — qui présentait les prodromes de la maladie. En effet, déjà les symptômes catarrhaux existaient avec forte fièvre et subdélire. Sur la demande du père, je la soumis au traitement par la vératrine : 1 granule tous les quarts d’heure. Les premiers granules ne produisirent aucun effet et il fallut pousser jusqu’à dix-huit pour faire tomber la fièvre. L’éruption fut bénigne et, quatre jours après, l’enfant était convalescente. M. du Roy m’ayant demandé s’il fallait isoler les autres enfants, je lui répondis que non — puisqu’ils avaient été sous l’influence du contage — l’appartement étant vaste et aéré. En effet, les trois autres enfants furent successivement pris, mais grâce au même traitement la maladie fut bénigne, à l’exception chez le plus jeune, où il fallut recourir à l’émétine à cause d’une broncho-pneumonie commençante.

Ceci prouve que les fièvres éruptives peuvent être rendues bénignes, alors même qu’on ne les fait avorter.

Quant à l’isolement proposé par M. Marjolin, c’est une mesure hygiénique, mais qui cependant n’est pas prophylactique dans le sens absolu du mot.

DES MOUVEMENTS PLUXIONNAIRES.

On connaît la doctrine d’Hippocrate sur les fluxions. Il comparait le corps à une sorte d’atmosphère où se produisent des changements de temps. La fluxion, c’étaient les vapeurs imperceptibles — telles que celles qui s’exhalent des séreuses — et qui, venant à se condenser,produisent des hydrarthroses, des tnéningoses , des pleuroses, des cardioses, des m,y oses.

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selon les organes ou cavités où ces condensations ont lieu. Cétait une manière ingénieuse d’expliquer les solidarités histologiques ; et il ne fallut rien moins que le génie de Bichat pour ramener la doctrine des fluxions dans le cadre physiologique.

On sait, en effet, avec quelle rapidité ces mouvements morbides ont lieu : aujourd’hui une arthrose, demain une gastrose, une cardiose, une méningose. C’est donc au médecin à y veiller et surtout à ne pas y pousser par une médication inopportune.

Unedame souffrait, depuisdelongsmois, d’une gastralgie assez intense, avec vomissements et douleur dans le dos. Un matin, elle se leva avec une douleur dans la jambe gauche, aiguë, rongeante, telle qu’on l’observe dans le rhumatisme, avec léger œdème. Elle vint me consulter. Je lui prescrivis les modificateurs vitaux : aconitine, digitaline, valénanate d’atropine, de chaque 1 granule, trois fois dans la journée. La douleur disparut. Le salicylate de soude eût peut-être rappelé la douleur à l’estomac, peut-être au cœur ou à la tête ; et si des accidents graves se fussent produits, on les eût attribués, non au remède, mais à la maladie. C’est cependant ainsi que procèdent les allopathes. Quoi détonnant quils aient beaucoup à faire?

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