QUESTION DELA TUBERCULOSE. — THÉRAPEUTIQUE EXPÉRIMENTALE
On comprend que cette thérapeutique peut se faire principalement sur des femmes enceintes, parce que de la sorte on peut suivre les effets de la médication sur la mère et sur l’enfant. A Gand — où il y a tant de jeunes femmes employées dans les filatures de coton, travaillant jusqu’au moment de l’accouchement-les occasions de faire ces expériences avant et après sont nombreuses. En les saturant, en quelque sorte, de sels arsenicaux : arséniate de soude, de potasse, d’antimoine, il est facile de suivre la marche de la médication. On voit les apparences de la santé revenir — quelquefois la santé même — à mesure que le sang se refait sous l’influence de cet assolement. L’artère devient plus pleine, les battements sont moins faibles, la digestion est activée; et si on pouvait
donner à ces femmes de l’air pur, il n’y a pas de doute pour nous que
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leur santé se rétablirait dans la majeure partie des cas. Les jeunes femmes sur lesquelles nous avons expérimenté de la sorte, en leur faisant prendre jusqu’à 20 granules d’arséniate par jour, ont pu nourrir, même celles qui étaient à une période avancée de la phtisie. Au microscope, les éléments morbides, tels que globus de pus, bactéries étaient peu nombreux, surtout chez celles qui avaient pris de l’arséniate de strychnine. Ces expériences sont donc concluantes ; et elles devraient servir de base au traitement de la phtisie, par extinction. Malheureusement, la difficulté gît dans la généralisation. Non seulement ces femmes sont insouciantes sur leur santé, mais celles qu’on voudrait soumettre au traitement que nous venons d’indiquer, n’ont pas la persévérance voulue. Même dans les familles aisées, il est difficile de l’introduire parce qu’on ferme les yeux sur le danger. D’ailleurs le médecin ne voit pas assez régulièrement ses malades. Ce n’est que lorsque la fièvre de consomption est déclarée et que la malade est obligée de s’aliter que les visites commencent— on sait, dans la plupart des cas, avec quelle désespérance, la victime étant condamnée d’avance! Souvent le médecin envoie -ses malades aux stations hivernales, où faute d’une thérapeutique appropriée la phtisie se développe comme en serre chaude. Cela est triste à dire ; mais cela est. Faut-il s’étonner après cela qu’on se rejette sur la virulence de la maladie? Ce sont les bacilles Koch! Et on n’attend pas longtemps pour l’autopsie ! Malheureux médecins ! mais plus malheureux malades.