DU CULOTTAGE DANS LES ÉPIDÉMIES
On sait que dans les épidémies du choléra indien certains individus se sont montrés indemnes de la contagion. M. Fauvel a fait voir que ceux qui vivent dans le foyer de l’épidémie y sont réfractaires, soit par accoutumance, soit par l’immunité que donne une première atteinte, ou bien parce qu’ils sont saturés de principes antimiasmatiques. C’est le cas des fumeurs émérites, des vidangeurs, des corroyeurs, etc. Nous pensons qu’en se saturant d’alcaloïdes, notamment d’arséniate de strychnine, on traversera impunément l’épidémie, parce que la strychnine en tendant la fibre organique durcit les tissus et les rend ainsi plus inaccessibles à la contagion. Peut-être aussi parce que la strychnine tue les microbes — car nous ne voulons pas exclure les infiniment petits de l’étiologie épidémique. Depuis que nous prenons chaque soir 4 granules d’arséniate de strychnine et autant d’aconitine et de digitaline, nous sommes devenu réfractaire à la fièvre. Avant, nous y étions fort sujet. Aujourd’hui, nous avons encore des catarrhes, des bronchites, mais sans fièvre. Or, c’est la fièvre qui constitue le danger. Otez la fièvre, il ne reste plus que les symptômes locaux, faciles à combattre. Experto crede Roberto.
(1) Nous demandons grâce pour le mot culottage, à cause qu’il exprime l’idée de saturation. D r B.