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CONTRIBUTION A LA PATHOLOGIE

De la leucorrhée et de son traitement dosimétrique.

On sait que les écoulements en blanc, chez les femmes, entraînent un grand affaiblissement physique et une prostration morale pouvant donner lieu à de véritables vésanies. Évidemment, ce ne peut être à cause d’une lésion locale : une subinflammation, une ulcération du vagin ou de l’utérus, moins encore un simple catarrhe de ces parties. La cause est plus profonde et intéresse à la fois les nerfs et le sang.

A proprement parler, la leucorrhée est une leucocythémie, cest-àdire une surabondance des globules blancs qui se font jour au dehors par leur mouvement propre ou amiboïde (voir le Répertoire de septembie), et qui se mêlent au sérum transsudé. A ce point de vue, la leucorrhée est plutôt un moyen de décharge de ces globules.

Ceci est confirmé par le fait suivant. Une femme mariée mère de famille, trente-six ans — était atteinte de fleurs blanches. Son accoucheur ne voyant là qu’une lésion locale, lui faisait faire des injections

(1) On sait qu'il fallut l’intervention de la reine pour que son médecin traitant W. Jenner se rendît à la consultation.

coagulantes, tantôt avec l’acétate de plomb, tantôt avec le sulfate de zinc. L’écoulement cessait chaque fois, mais la bouffisure augmentait ; la respiration devint de plus en plus courte et haletante, des râles subcrépitants se firent entendre dans plusieurs points de la poitrine ; la digestion devint pénible et une légère fièvre, avec injection des pommettes, se déclara. Bref, on put craindre une phtisie. Le mari, inquiet, vint me consulter. Sans voir la malade (afin de ne pas l’alarmer), je conseillai l’emploi de l’arséniate de strychnine, de l’arséniate de fer, de l’aconitine, de la digitaline (2 granules de chaque, matin et soir ensemble), la quassine aux repas, le matin le sedlitz Chanteaud, un régime fortifiant et de l’exercice modéré ; comme soin local, uniquement des injections d’eau fraîche, avec adjonction de ehloral et de borax, selon la formule du docteur Hébert.

Grâce à ce traitement et à ce régime, la leucorrhée se dissipa insensiblement, la malade reprit ses forces et ses belles couleurs, et — ce qui était à prévoir — devint derechef enceinte.

Qu’on compare ce traitement à ceux institués par les allopathes, et l’on verra de quel côté est la logique — nous dirons la physiologie.

En effet, toutes espèces de moyens empiriques ont été successivement employés.

a. Moyens externes :

Sulfate de fer, 2 grains ; eau de cannelle, 30; teinture id., teinture de ratanhia, de chaque 8. M. S. trois fois 15 à 60 gouttes (où est la mesure'?). Iodure de fer, extrait de seigle ergoté, de chaque 20 centigrammes pour 4 pilules.

Limailles de fer, 15,00 ; poudre de cannelle, 6,00, seigle ergoté, 1,50 ; sucre, 30,00 ; saccharure de lait, 4,00 grains. M. Fer réduit par l'hydrogène, extrait de rhubarbe, extrait de quinquina, de chaque 2,00. . M. pour 10 pilules. (Grimauld.)

Fer réduit par l’hydrogène ou sirop d’iodure de fer avant le repas, et, après le repas, sirop au vin de quinquina. (Ricord.)

Vin de quinquina, 250,00; carbonate de fer, 2,00. M. (Jobert.)

Fer hydrique, 4,00; poudre de cascarille, extrait de campêche, de chaque 6,00 ; extrait de gentiane quantité suffisante pour 120 pilules, trois par jour 5 à 10 pilules (encore une fois où est la mesure?) (Sandelin.)

Perchlorure de fer liquide gouttes 8, quatre fois par jour. (Donniez.)

Fer hydrique, extrait de quinquina, mucilage de gomme arabique quantité suffisante pour 60 pilules.

b. Balsamiques :

R. Baume de Canada, 10-15 centigrammes; sulfate de quinine,

LA MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 17

25-30 milligrammes; poudre de réglisse, quantité suffisante pour une pilule : 3-4 par jour. (Graves.)

Baume de copahu : 100 parties ; poudre de gentiane : 50 parties ; cannelle, rhubarbe, oxyde noir de fer, de chaque 20 parties. M. pour des pilules de 20 centigrammes. 6 matin et soir. (Colombat.)

Cubèbe, chlorhydrate d’ammoniaque ferrugineux : de chaque 3,00 ; extrait de tormentille : 12,00. M. pour des pilules de 12 centigrammes. S. 3 fois 5 pilules par jour, des mois entiers. (Numann.)

Cubèbe: 12,00; baume du Pérou: 8,00; cire blanche(!) 4,00; mucilage de chiendent: 2,00. M. pour des pilules de 15 centigrammes. S. 3 à 8 le matin. Sarcocolle (!), oliban(!), mastic (!): de chaque 4,00 ; mucilage de gomme adragante, quantité suffisante pour des pilules de 15 centigrammes. S. Toutes les trois heures 3 pilules. Infusion d’aigremoine, 2 parties; lait, 1 partie. (Stork.)

On remarquera que toutes ces préparations sont insolubles, par conséquent, inabsorbables, produisant des constipations, et par suite des dyspepsies. Exercée ainsi la médecine est un métier lucratif, puisqu’elle se taille de la besogne à elle-même. Est-ce le motif de l’opposition de certains allopathes à la dosimétrie? Nous n’oserions le dire; mais on serait tenté de le croire.

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