DES BAINS FRAIS DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE
On sait que l’École de Lyon s’est particulièrement occupée des bains froids dans la fièvre typhoïde ; c’est du Lyon médical (17 avril 1884) que nous extrayons le fait suivant, qui remonte à 1812 : on ne saurait donc prétendre que la méthode est nouvelle.
Jeune fille de douze ans et demi. Le 7 novembre, au matin, état très grave . soif vive, pommettes injectées, agitation, lipothymies, délire nocturne loquace, paroles et réponses brusques, tension de l’abdomen. Le 11, fièvre plus forte; le délire et la loquacité persistent ; l’assoupissement se prononce davantage. Lavements au quinquina et au camphre, vin de Bordeaux. Le 12, Récamier est appelé en consultation, il trouve la malade dans l’état suivant : Décubitus dorsal, assoupissement et stupeur profonde, strabisme, dilatation extrême des pupilles, urines limpides et crues, matières fécales sans consistance et sans liaison; peau sèche et brûlante; pouls offrant quelques inégalités, d’une fréquence extrême (180 à la minute), petit, peu développé. Récamier conseille de plonger la malade dans un bain froid, avec des affusions froides sur la tête, jusqu’à diminution de la fièvre. Cette prescription est exécutée le même jour. Depuis le 12 novembre, dixième jour de la maladie, premier jour de l’emploi des bains froids, des affusions froides sur la tête et le visage, de boissons froides et glacées, jusqu’à l’établissement complet et définitif de la crise, des élèves de Récamier sont placés successivement, jour et nuit , auprès de la malade pour l’administration des remèdes et noter ponctuellement la chaleur et le pouls,le thermomètre et la montre à la main, et faire un bulletin détaillé et circonstancié, dont la lecture doit être faite, matin et soir, à la visite du consultant. Le 12 novembre (dixième jour de l’invasion), le premier bain à la température de 16 à 17° R., paraît faire une vive impression sur la malade, surtout les affusions abondantes sur la tête, avec de l’eau sortant du puits. Bientôt elle sort de sa stupeur et crie qu’on va la noyer. Le pouls perd de sa fréquence, se concentre et tombe de 145 à 85, au sortir du bain, qui a duré dix minutes. Quelques cuillerées d’eau froide de chiendent, application de glace pilée sur la tête, à l’approche du paroxysme. Deux heures après, la stupeur et la fréquence du pouls reparaissent. Un deuxième bain produit un effet plus marqué sur la raison; la malade remercie quand on lui donne à boire. La fréquence du pouls diminue. Le mieux disparaît peu à peu, à la sortie du bain. Un troisième bain le rappelle. Cette fois la malade reconnaît la glace et veut s’opposer à son application. Le sixième bain, porté à quarante-huit minutes, affaiblit considérablement la malade, le trismus augmente, la respi-
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ration devient encore plus bruyante, parfois même stertoreuse, mais un examen attentif fait bientôt découvrir que ce phénomène doit être attribué à la présence de crachats épais et muqueux dans la trachée et dont l’expectoration est empêchée par l’extrême faiblesse de la malade, accrue encore par cette immersion trop prolongée. D’après cette indication, on se décide à ne plus porter la durée des bains, dans tout le reste du traitement, au delà de vingt à vingt-cinq minutes; et depuis lors jusqu’à la convalescence, jamais il n’a fallu plus de temps pour amener l’effet désiré. Après'le seizième bain, on commence à voir sur les cuisses et sur les jambes, une éruption de petits boutons blanchâtres, dont le centre est arrondi et la circonférence rouge. L’application de la méthode réfrigérante est continuée et ne trouble point la marche de l’éruption, qui s’efface insensiblement les jours suivants, par desquamation. Le seizième jour de l’invasion — dixième des bains — la diminution des symptômes morbides se fait sentir davantage, l’amélioration est plus prononcée, l’urine devient nuageuse. Frictions avec teinture de kina sur les cuisses et l’abdomen, vin de Bordeaux, quelques cuillerées de crème d’orge, puis de crème de riz; puis enfin un peu de bouillon les jours suivants. Les dix-septième, dix-huitième, dix-neuvième, vingtième jours, à dater de l’invasion, sont marqués par l’augmentation du bien-être, par le retour de la sensibilité, par les urines offrant de plus en p'us les caractères de la crise, et quelques matières fécales, tantôt provoquées par les lavements froids, tantôtrendues d’elles-mêmes. Pendant le cours de la journée, y compris la nuit, les paroxysmes nécessitent des bains, dans les conditions ordinaires, et toujours suivis de bien-être. Le vingt-cinquième jour un mieux très marqué fait interrompre l'emploi des bains pendant six jours envirop. Au bout de ce temps, on est alarmé de voir disparaître la nature critique de l’urine et des évacuations alvines; la propension comateuse renaît, un violent paroxysme veut s’allumer. On convient alors, dans la crainte d’une récidive, d’administrer régulièrement tous les jours, un bain dans le milieu de la journée et un autre le soir, à la température de 20 à 22° R., pendant quinze à vingt minutes, avec affusions froides sur la tête, indépendamment de ceux qui pourraient être commandés par les exaspérations et les symptômes. Le soir même cette prescription est exécutée. La malade a eu un sommeil doux et tranquille le reste de la nuit. Le lendemain — vingtneuvième jour — excrétion d’une petite quantité d’urine avec sédiment ; pouls 108 — appétit vif. Les trois bains suivants sont suivis, respectivement, du mieux accoutumé. Le soir la malade est gaie. A l’entrée de la nuit deux selles critiques. Sommeil bon. Le trentième jour de la maladie, bain à sept ' heures du matin — il fait tomber le pouls à 60. Deux autres bains produisent le même effet. Urines sédimenteuses." Nuit très bonne. On augmente graduellement le bouillon, en y joignant du vermicelle, et on permet, tantôt un peu^ de pomme cuite bien sucrée, tantôt un peu de confiture. Le trente et unième jour, trois bains. La crise se maintient. Le trente-troisième jour, Récamier assiste au bain du matin; il remarque que le pouls augmente de 8 pulsations, quelques instants après l’immersion : il attribue ce phénomène à l’embarras des premières voies. Mais bientôt les pulsations diminuent sous l’influence des affusions froides, qu’on avait suspendues la veille, et qu’il croit
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devoir taire sur le visage, parce qu'il s'aperçoit qu'elles sont t
sincipat et qu'elles augmeuteut la tréqueuce du pouls. Nu bonne. U treute
quatrième jour trois bains. Quelques vomissements spontanés de b le jaune
On augmeiteun pelles potages. Le 8 décembre.
maladie, le vingt-,uatrième des bains, le bain du
tion de froid — produite par une petite affusion sur le visage P
to et devoir être le dernier. En effet, la convalescence se tort,de de jour en jour; les aliments sont augmentés, sans préjudice ; l'urine offre enMreqne^ ques'exérèmes, quelques légères hypostases, les selles
tourmente-les forces reviennent, les mouvements s exécutent librement, le salut de’la malade se confirme à chaque instant. Elle jouit aujourd hui d’une santé palite, après trente-cinq jours de maladie, traitée uniquement par les bains avec affusions, dont le nombre s’élève aujourd hui a qua vingt-onze.
On voit que les bains n’ont guère diminué la durée de la maladie mais bien l’intensité. On était encore à l’époque dés stimulants fixes e diffusibles, et on a vu les fâcheux effets des lavements au quinquina au camphre et au vin de Bordeaux au début de La maladie, quand il existait de la tension abdominale. Récamier était un praticien trop garant pour persévérer dans ce traitement incendiaire, et s il s est décide aux bains froids, c’est faute d’autres moyens antipyrexiques. Avec la dosimétrie ces bains, qui nécessitent une surveillance de jour et de nuit ne seraient plus de saison. 11 suffit du lavage du tube intestinal avec le Sedlitz Chanteaud, et l’administration des alcaloïdes defervescents poui faire tomber la fièvre et ramener l’état normal des fonctions. Sans doute cela ne se fait point en quelques heures, mais il ne faut pas trente-six jours. Nous sommes donc loin de vouloir proscrire les bains froids, mais nous pensons qu’on peut s’en passer; de simples lotions a 1 épongé, avec de l’eau vinaigrée, suffisent pour rafraîchir la peau et empecher les exanthèmes dus à l’âcreté des transpirations. ^
traitement des abcès ossifluents.
M. le veux, une géants : il
vWonr Vprnmiil nréconise pour ces abcès, ordinairement si dange-
méthode de traitement qui lui a déjà donné des résultats encouracommence par ponctionner l’abcès et en vider le contenu, au moyen
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d’un appareil aspirateur; puis il y injecte une solution d’iodoforme dans l’éther sulfurique : une partie sur 5. Il recommande de ne jamais injecter plus de 20 grammes à la fois, si Von veut éviter les accidents d’intoxication. Malgré cette injection, la suppuration se reproduit et l’abcès se reforme ; mais en répétant l’opération un certain nombre de fois, on voit à chaque ponction la quantité du pus diminuer, en même temps que l’état général s’améliore ; et l’on arrive, en quelques mois à obtenir une guérison complète et définitive. (Bulletin de thérapeutique.)
Remarques. — Les évacuations et injections des abcès ossifluents ne doivent être faites que lorsque la communication de la poche sous-cutanée avec le canal ossifluent est oblitérée. C’est pour cela que nous pratiquons la compression adhésive au moyen d’un brayer à vis, immédiatement au passage de la tumeur sous l’arcade inguinale. Faute de ce soin, on risque de voir l’air s’introduire dans le sac pyoémique et donner lieu à l’infection purulente. L’iodoforme mêlé à l’éther sulfurique est un moyen dangereux, parce que l’éther s’évapore promptement et laisse l’iodoforme à nu ; de là, les accidents d’intoxication. Quant au traitement interne, il doit consister principalement dans l’administration de la strychnine et de l’acide phosphorique ou bien les granules d’hypophosphite de strychnine. On aura soin surtout d’avoir de la bonne eau. C est souvent à la mauvaise qualité de l’eau qu’est dû le rachitisme. Nous devons prendre pour exemple les éleveurs, c’est-à-dire donner à l’organisme les éléments qui doivent être assimilés par le système osseux : ces éléments sont les phosphates et carbonates de chaux solubles, le phosphate de magnésie, la soude et le chlorure de sodium. Mais il faut, avant tout, la force vitale. De deux enfants — dans les mêmes conditions de nutrition — l’un viendra à souhait, tandis que l’autre restera malingre, parce que le premier est fort, et que le second a une constitution faible. L’iatrochimie ne peut donc s’abstraire de la vie. Le rachitisme se lie souvent à la diurèse, puisque c’est par cette fonction que les éléments organisables sont souvent perdus. On sait combien les enfants sont sujets à la lithiase. En une seule année, nous avons opéré cinq enfants de l’âge de quatre, six, huit, dix, douze ans, pour des calculs durs ou d’oxalate de chaux. Dans l’atrésie préputiale les sels calcaires s’amassent entre le gland et son capuchon. Pour empêcher ces déperditions régressives, il faut activer la nutrition par une bonne hygiène, mais surtout par les excitants vitaux : strychnine, brucine, acide, phosphorique, etc.