‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 51 sur 179 · LE GACHIS DU NOUVEAU CODEX FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LE GACHIS DU NOUVEAU CODEX FRANÇAIS

Dans la préface il est dit que la pharmacie galénique comprend les médicaments officinaux que le pharmacien doit toujours avoir à la disposition du médecin, c’est-à-dire préparés d’avance. D’un autre côté, dans la définition du mot « espèces », il est dit que les substances qui les composent doivent être « dépoudrées ». On a donc fait une mauvaise formule en faisant mélanger dans le thé de Saint-Germain, la crème de tartre avec les autres substances ; ce sel tombe par son propre poids au fond du bocal, de sorte que les malades n’ont pas ce qu’on leur a prescrit : les uns pas de crème de tartre, les autres trop. Peut être eût-il mieux valu supprimer toutes les substances drastiques, comme on a purgé le nouveau Codex des potions émulsives, à l’huile de ricin, au jalap et à la scammonée. Dans la formule de la thériaque on a supprimé le schœnantbe et la queue de vipère — In cauda venenum — et on a remplacé la valériane celtique par la valériane officinale, ce qui n’est pas indifférent, l’une étant originaire de Suisse (Nord celtique), l’autre de provenance indienne. Il est vrai qu’on cultive généralement ces plantes dans nos jardins. Mieux eût valu abandonner la trop fameuse composition du médecin de Néron (Andromaque). Pourquoi faire du corps du malade une boutique d’apothicaire?

TRAITEMENT DE LOBÉSITÉ.

Dans un livre écrit avec verve et esprit, M. le docteur Monin expose un traitement de l’obésité, qui fera la joie des Falstaff. Voici ce régime qui n’eût pas été désavoué par Gargantua :

Pain de farine de second choix, mêlé de son ; comme volailles : poulet ou dindon ; comme viandes : du bœuf ou du mouton grillé ou rôti ; comme

poissons : sole, barbue, turbot. Pour le repas du soir : légumes et fruits : asperges, oseille, tomates, fruits acides ; comme boisson : du café sans sucre, du tbé, qui constitue, en Angleterre, l’unique boisson des jockeys. M. Monin aurait dû faire remarquer que ces centaures modernes sont d’ordinaire du genre maigre et qu’ils s’entraînent par des transpirations journalières. Au reste, entre l’obésité et l’embonpoint il y a une grande différence : la première est un état maladif, le second un excès de santé. Les obèses ont, en général, les artères grêles et le cœur hors de- proportion quant à sa petitesse, avec le volume souvent monstrueux du corps. Les obèses ont (du moins ceux que nous poumons citer, J. Janin entre autres) une intelligence vive, un esprit studieux; les replets sont des endormis et disposés à l’apoplexie. Il serait dangereux de soumettre ces derniers au régime indiqué par M. Monin; il leur faut, au contraire, une grande sobriété. De même il est dangereux pour les obèses de se soumettre à un régime fondant par les alcalins ; il faut, par contre, les soutenir par les alcaloïdes : strychnine, aconitine, digitaline.

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