‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 61 sur 179 · DES ACCIDENTS PÉRITONÉAUX REVENANT PÉRIODIQUEMENT CHEZ UNE HYSTÉRIQUE · texte numérisé non relu

DES ACCIDENTS PÉRITONÉAUX REVENANT PÉRIODIQUEMENT CHEZ UNE HYSTÉRIQUE

Dans notre Manuel des maladies des femmes nous avons traité de ces accidents en faisant voir qu’ils sont purement nerveux, puisqu’ils cèdent à l’emploi de la strychnine, de l’hyosciamine, de la quinine (hydro-ferrocyanate). Un cas analogue vient de se présenter à l’hêpital Saint-Louis et a été relaté par M. Daucher. Une jeune femme éminemment nerveuse a eu, à plusieurs reprises, des attaques d’hystérie parfaitement caractérisée, où le péritoine avait subi plusieurs poussées aiguës avec fièvre. Aucune

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tuméfaction n’avait jamais été perçue par le toucher vaginal, au moment des crises les plus douloureuses. A l’époque menstruelle les phénomènes prenaient une plus grande intensité : pendant trois ou quatre jours avant l’apparition des règles, la malade éprouvait des douleurs abdominales très intenses, avec un ballonnement très considérable du ventre, qui était sonore, des vomissements bilieux revenant tous les jours et à plusieurs reprises; le pouls n’avait pas la fréquence habituelle de la péritonite, la température n’ayant jamais dépassé 38° c. Dans l’intervalle des crises, constipation opiniâtre, qu’on a cherché vainement à lever par les drastiques : huile de croton, séné — et se terminant tous les huit jours par de véritables débâcles, plusieurs fois précédées de phénomènes péritonéaux, comme s’il pénétrait quelques gouttes de liquide dans le péritoine.

Le traitement a consisté dans l’emploi de piqûres de morphine, de vésicatoires répétés sur le ventre, bains d’amidon, bains sulfureux. Il y a eu des phénomènes de léthargie, de catalepsie, de spasmes hydrophobiques, ayant nécessité l’emploi de la sonde œsophagienne. Finalement la malade est sortie volontairement de l’hôpital, la maladie ayant repris une partie de ses forces, sans cesser d’être hémianesthésique.

Nous ferons remarquer que dans ce cas les moyens vitaux sont nécessaires, tels que : la strychnine, l’hyosciamine, l’hydro-ferro-cyanate de quinine, qui très probablement eussent eu raison des accidents péritonéaux et hémianesthésiques. Au reste, le fait mérite d’être signalé parce qu’il démontre que la lésion organique n’est souvent pour rien dans les symptômes, et que c’est toujours par ces derniers qu’il faut commencer le traitement. C’est ce que nous enseigne la dosimétrie.

TRAITEMENT DE LA PHTISIE PAR LA CAUTÉRISATION AU FER ROUGE SUR LA SURFACE CUTANÉE.

Il y a bien longtemps que nous traitons les arthropathies, même au début, par la cautérisation potentielle, comme effrayant moins les malades et ayant une action plus profonde et plus persistante, puisqu’elle se prolonge pendant toute la durée de l’élimination de l’escarre et de la

cicatrisation de l’ulcère, qui fait ainsi office d’émonctoire. Si nous faisons ici cette remarque rétrospective, c’est à propos du travail de M. le docteur Vidal (d’Hyères), sur le traitement de la phtisie par la cautérisation au fer rouge, que le thermo-cautère a simplifié et rendu moins terrifiant.

Lorsque nous sommes venu à Paris, démontrer nos appareils ouatés, feu le professeur Nélaton, en parlant de ces pansements dans sa clinique, dit, avec cette pointe de fine raillerie qui lui était propre : que nous étions tellement confiant dans nos appareils, que nous les appliquions jusqu’aux poumons. Il disait vrai quant aux pleuro-pneumonies circonscrites — où les mêmes tissus sont en jeu que dans les arthropathies, puisqu’il s’agit surtout de la plèvre et de la fibreuse qui la double. Ainsi que le fait observer le confrère d’Hyères, la cautérisation diminue les frottements pleuraux et la congestion pulmonaire sous-jacente ; calme la toux, fait tomber la fièvre et renaître l’appétit ainsi que le sommeil. Mais tous ces amendements seront bien plus considérables si, en même temps, on modifie l’état général par les alcaloïdes, les arséniates, les iodés, les narcotiques.

Malheureusement, dans la pratique particulière, il n’en est pas de même que dans la pratique de l’hôpital, où les malades ne sont pas consultés et se laissent faire. Dernièrement nous fûmes appelé pour donner notre avis dans un cas de pleuro-pneumonie double du sommet des poumons, chez une jeune dame qu’un accouchement gémellaire avait beaucoup fatiguée, au point d’être poitrinaire. Nous proposâmes l’application d’un caustique de Vienne dans les creux sous-claviculaires, et à l’intérieur, la strychnine, l’aconitine, la digitaline : 3 granules de chaque, le soir eu se couchant — dans la journée, l’iodoforme et la codéine pour diminuer l’expectoration et la toux — aux repas, la quassine et l’arséniate de soude comme modificateur de la nutrition. On nous promit de suivre ce traitement, mais j’ai su depuis qu’on y avait renoncé. Pendant quelque temps encore, la dosimétrie doit s’attendre à ces rébuffades, tant quelle n’aura pas été généralement acceptée par les médecins. Si on la repousse, ce n’est pas par expérience, mais uniquement par faux amour-propre. Et cela durera aussi longtemps que le mauvais esprit de l’École. En attendant notre devise est et restera : Fais ce que dois , amve que pourra.

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