‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 63 sur 179 · OBSTÉTRIQUE. — DE LA DILATATION MANUELLE POUR PROVOQUER · texte numérisé non relu

OBSTÉTRIQUE. — DE LA DILATATION MANUELLE POUR PROVOQUER

l’accouchement rapide dans l’éclampsie.

Les journaux de médecine renferment quelquefois de terribles aveux, en voici un sur lequel nous appelons l’attention de nos lecteurs. Il s agit d’un cas où un accoucheur a terminé rapidement l’accouchement par la. dilatation manuelle. L’enfant vit, mais la mère est morte. Voici en quelques mots les faits : « M me X., primipare, est prise d’éclampsie à deux heures du matin. Le médecin, appelé vers six heures, fait une saignée, donne du chloroforme et fait une injection sous-cutanée de morphine. Les convulsions sont remplacées par le coma. On appelle alors un deuxième accoucheur, qui déclare la nécessité immédiate de l’accouchement forcé. Il chloroformise à fond la malade et se met en devoir de procéder à la dilatation manuelle. Le col était alors dilaté comme une pièce de 20 centimes. Il introduit d’abord l’index dans l’orifice et le tiraille en tous sens : bientôt il peut placer le médius, puis le pouce, à côté de l’index ; il exerce alors une dilatation énergique et sent que les lèvres du col cèdent avec de très légères déchirures. En dix minutes il est arrivé à obtenir un passage suffisant pour introduire une branche de petit forceps ; il place ensuite la seconde facilement, articule et tire. Comme la vulve résiste, il fait avec des ciseaux un débridement bilatéral sur la fourchette et extrait un enfant en état de mort apparent. Il laisse saigner un peu le cordon et pratique la respiration artificielle. L’enfant vit, mais la mère meurt dans le coma cinq heures après l’accouchement. » Le journal auquel nous empruntons cette observation ajoute : « Nous ne pensons pas que la manœuvre préconisée soit bonne. En effet, outre qu’on rencontre de grandes difficultés à l’exécuter, on s’expose à déchirer largement le col, ce qui peut avoir de très graves conséquences. Il vaut mieux donner le chloroforme et attendre que la dilatation soit suffisante pour introduire le for-

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

ceps; et le plus souvent, en agissant promptement, on aura un enfant vivant. Enfin, M. Budin a montré que la saignée du cordon n’était pas une bonne pratique, parce qu’elle enlevait à l’enfant une quantité de sang qui était au moins utile — sinon nécessaire pour son développement ultérieur — sans produire pour cela l’effet cherché. [Gazette des Hôpitaux, 1 er avril 1882.) »

Nous ne nous rallierons pas à ces critiques, non que nous ne les croyions fondées, mais parce qu’il y a d’autres moyens de sauver à la fois la mère et l’enfant. Ces moyens les médecins dosimétristes le savent : ce sont la strychnine et l’hyosciamine.

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