‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 7 sur 179 · DES FORMES CLINIQUES DE LA COLIQUE HÉPATIQUE, PAR LE DOCTEUR OLIVIER · texte numérisé non relu

DES FORMES CLINIQUES DE LA COLIQUE HÉPATIQUE, PAR LE DOCTEUR OLIVIER

(thèse de paris 1884).

Voci les conclusions de cette thèse :

1° La gastralgie présente des douleurs plus fréquentes, plus répétées — la colique hépatique pseudo-gastralgique, des douleurs plus espacées. Ainsi la gastralgie ne restera pas deux, trois, quatre mois sans faire souffrir le malade, tandis que dans la pseudo-gastralgie il s écoulera plusieurs mois sans des crises, et celles-ci se montrent par accès ;

2° La gastralgie se déclare à jeun ou sous l’influence de repas. L’heure de la pseudo-gastralgie n’est jamais avant ni après, mais deux heures après le repas ;

3° Les douleurs surviennent d’une façon soudaine dans la colique hépatique — ce qui existe à un degré moins prononcé dans la gastralgie ;

4° Dans la colique hépatique pseudo-gastralgique, les douleurs ont des irradiations du côté de l’épaule; dans la gastralgie rien de semblable, mais il peut exister une névralgie intercostale réflexe ;

5° Dans la colique hépatique pseudo-gastralgique — même sans ictère — les urines sont rouges et contiennent du pigment biliaire — on n’en trouve jamais dans les urines de gastralgiques, et leurs accès se terminent par l’émissiop d’urine ordinairement limpide.

En somme, dans les coliques hépatiques il faut distinguer les coliques essentielles et les coliques lithiasiques. Les premières se distinguent par leurs douleurs, soit directes, soit réflexes ; les secondes, à leurs intervalles plus ou moins prolongés, selon le temps que mettent les calculs biliaires à descendre.

La colique pseudo-gastralgique a son retentissement dans le dos, la colique hépatique dans l’épaule. La colique lithiasique se prolonge le long du conduit cholédoque, c’est-à-dire profondément vers le duodénum.

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Le traitement de ces diverses coliques consistera dans l’emploi de la strychnine, de l’hyosciamine, de l’iodoforme, de la codéine, 1 granule de chaque toutes les demi-heures pendant la durée de l’accès.

Une remarque générale : c'est que dans les thèses de l’École de Paris, il s’agit rarement de thérapeutique précise ad rem. Cest quelle n’en a pas. B

LE TODDISME ET LE BURGGRAEVISME (1) OU DE. LA NÉCESSITÉ EXCITANTS VITAUX.

Quand on entre à London-Hospital, on se trouve devant une belle statue en marbre. Elle représente un personnage de haute stature, au regard dominateur. C’est l’image de M. Todd. Todd était éminemment Anglais, mais il n’en avait pas le vice national — quoiqu’il ait donné son nom au traitement par l’alcool ou Toddisme. Il savait qu’il avait affaire à des malades la plupart alcooliques, et il avait reconnu la nécessité de les traiter en conséquence. Il faut à l’homme un excitant : les Anglais le demandent à l’alcool, mais il faut dire qu’ils ont une force de résistance que n’ont pas les autres peuples.

Le premier motif pour lequel Todd a fait de 1 alcool la base de sa thérapeutique, c’est donc l’habitude prise, cette deuxième nature; le second, est scientifique en apparence, mais antithérapeutique en réalité, c’est-à-dire que les malades traités par l’alcool sortent de la lutte plus affaiblis et plus disposés à des maladies nouvelles. Au fond, M. Todd était Brownien, c’est-à-dire qu’il appartenait à l’École d’Édimbourg. Ce n’est pas une circonstance indifférente que Lister - aujourd’hui chirurgien en chef de London-Hospital - soit venu de l’Université écossaise. Todd croyait donc à là vertu stimulante et antifermentative de 1 alcool. En cela il s’est trompé, car si l’alcool stimule, c’est pour déprimer après. Quand dans les inflammations, l’alcool fait tomber le calorique morbide, c’est en diminuant le calorique physiologique. Si l’alcool peut remplacer les saignées, c’est au prix de la plasticité du sang. Mais les faiseurs de

(1; Nqus demandons pardon à nos lecteurs de nous mettre ( faut subir. Trop heureux si, un jour, le nom de l’auteur peut que les bienfaits de sa doctrine.

lène mais il y a des fatalités qu’il oublié, pour ne laisser subsister

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systèmes ne s’embarrassent guère que des résultats immédiats, sans s’inquiéter des suites. Ils signent Yeæeat de leurs malades jusqu’à un billet d’entrée nouveau. Nous n’accusons pas le système de Todd, mais la nécessité qui le lui a dicté. Pour lors, était-il logique d’introduire ce système sur le continent? Nous ne le pensons pas. Aussi nous avons opposé à l’alcool un agent qui excite, mais ne déprime pas : nous voulons parler de la strychnine, dont nous avons fait le cheval de bataille du médecin — car contre cet ennemi commun qu’on nomme « maladie, » il faut être armé. En cela nous avons été guidé par les expériences de Cl. Bernard sur les nerfs vaso-moteurs, c’est-à-dire par ce grand fait entrevu déjà par Boerhaeve — mais interprété mécaniquement par lui — que l’inflammation constitue une paralysie des vaisseaux et que la première indication est de leur rendre leur ton. Ainsi est venu à tomber tout l’échafaudage allopathique — non que les saignées soient proscrites d’une manière' absolue, mais réduites à leur indication positive : la pléthore, comme l’entendaient les anciens : ad vires, et non ad patium. — Quand on voit les ravages que fait l’alcool dans l’économie physiologique, on est stupéfait qu’on l’ait appliqué à l’économie pathologique. Mais il en est de l’alcool comme de la morphine : une fois qu’on en a subi les atteintes trompeuses comme le chant des syrènes, on ne peut plus s’en passer, et nos hospices d'aliénés se sont remplis de leurs victimes.

Nous avons sur notre bureau un remarquable mémoire couronné par l’Académie de médecine de Belgique (1883-1884) : De l’alcoolisme et de ses diverses manifestations, considérées au point de vue physiologique, pathologique, clinique et médico-légal. L’auteur, le docteur Lentz, est médecin directeur de l’asile d’aliénés de l’État, à Tournai (Belgique) ; il a donc toute autorité d’en parler — car il a constamment de malheureux alcooliques en traitement, ou bien, comme dans la fable : le Loup et l'Agneau, si ce ne sont eux, ce sont leurs parents ; aussi son livre s’ouvre par ce passage désespérant : « La question de l’alcoolisme est peut-être une des plus vastes de la pathologie mentale ; là où l’alcool ne donne pas aux manifestations morbides des caractères spéciaux, une individualité propre, elle imprime aux formes pathologiques un cachet particulier, une teinte à part, qui decèle toujours son origine première; chaque jour son influence pathogénique devient d’autant plus vaste que son usage se répand davantage, et que, pour certaines classes de la population surtout, il est à peine une manifestation morbide qui soit exempte de son influence. L’alcool est devenu un facteur dont il n’est pas plus permis de négliger la funeste action que celle de la scrofule, de l’herpétisme, de

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la syphilis ou d’autres diathèses; et il est d’autant plus dangereux que, tout en ne se bornant pas à atteindre la constitution de l’individu, mais en transmettant à sa descendance ses néfastes effets, il s’offre à lui sous les attraits séducteurs d’une boisson souvent agréable et hygiénique. » Nego consequentiam, pourrions-nous dire — comme Thomas Diafoirus — les liqueurs alcooliques peuvent présenter des dehors aimables, mais ne sont jamais hygiéniques. On doit donc condamner les grands et les petits verres, d’autant, que ceux-ci sont un cheminement à ceux-là — et on sait combien la pente est rapide. Ce n’est donc pas le cas de répéter avec les buveurs de profession : « Mon verre est petit, mais je bois dans mon verre. « L’auteur semble avoir de l’indulgence pour ce qu’il nomme la goutte apéritive; et nous-même ne voudrions la proscrire si elle se bornait là; mais le cercle dans lequel on verse est vicieux. On commence par un petit verre pour « s’ouvrir l’estomac », mais au bout de quelque temps le petit verre ne suffit plus, parce que la force digestive est diminuée; alors on mange moins : c’est ce qu’on nomme la vertu antidéperditrice’de l’alcool. Singulière vertu que celle qui consume à petit feu ! L’alcool est un défervescent, c’est-à-dire quil abaisse le calorique animal ; mais de là nouveau danger, puisqu’on boit pour se réchauffer, c’est-à-dire qu’on perd de plus en plus son calorique propre. Nous demandons maintenant s’il est raisonnable de sanctionner 1 usage de l’alcool en l’affectant aux besoins de la médecine, comme s’il n’y avait pas d’autres modificateurs. Comparons en effet les effets de l’alcool a ceux de la strychnine. Le premier imprègne l’organisme, le sature au point de produire parfois la combustion spontanée ; la seconde agit par simple catalyse thérapeutique, et cette action une fois produite elle disparaît. L’alcool détend la fibre organique, ramollit les tissus, pousse à leur dégénérescence graisseuse ; la strychnine augmente le ton oiganiqueet raffermit les tissus. C’est, comme on le voit, le strictum et le laxum des anciens L’alcool après avoir stimulé un instant, déprime; la strychnine a une action tonique persistante. L’alcool neutralise les sucs des tissus ; la strychnine les 'concentre. L’alcool affaiblit les mouvements du coeur ; la strychnine les soutient. L alcool abaisse la tempéiature animale ; la strychnine la remonte. L’alcool diminue la quantité d’urée excrétée ; la strychnine l’augmente. L’alcool diminue les échanges nutri-, tifs ; la strychnine les favorise. L’alcool est un déprimant du cerveau et des organes des sens ; la strychnine, un incitant. L’alcool tue 1 intelligence ; la strychnine la vivifie. Nous ne pousserons pas le parallèle plus loin, car il y aurait tout un volume à écrire. Ce que nous venons de diie suffit pour établir la différence qu’il y a entre le Toddisme et le Burg-

graevisme. Chaque praticien peut l’apprécier dans sa pratique journalière. Quant aux adversaires de la dosimétrie, nous leur dirons : Expérimentez, si vous ne voulez pas nous croire ; mais, du moins, n’employez pas la strychnine comme un emplâtre sur une jambe de bois. Donnez-la quand il en est encore temps. D r B.

LARYNGITE COQUELUCHOÏDE HERPÉTIQUE, PAR LE DOCTEUR SEJOURNET.

Observation. — Le sieur S..., vingt-huit ans, fondeur, a comme antécédents personnels : névralgie sciatique, eczéma à la jambe, porrigo décolorant. Au mois de février 1881, il commence à tousser. La toux est provoquée par une sensation de chatouillement dans le larynx. Quelques secousses de toux pendant quelques secondes et se répétant à longs intervalles, marquèrent le début de la maladie. Peu après, l’irrita'ion laryngée devint plus vive et la toux fut plus fréquente ; elle se produisait à la moindre sensation de froid ou simplement quand le malade voulait élever la voix. Tous les matins, en s’éveillant, il était pris d’une quinte affreuse, composée de saccades expiratoires, se succédant jusqu’à lui faire perdre haleine ; alors il faisait une inspiration pénible, quelquefois sifflante comme après une quinte de coqueluche, et continuait à tousser jusqu’à ce qu’il eût vomi ou simplement expectoré quelques mucosités filantes, comme les enfants qui ont la coqueluche. Jamais de crachats épais annonçant la maturité d’une bronchite ; tout au plus un crachat perlé le matin. Pendant ces quintes le malade se tenait le ventre des deux mains pour contenir les efforts de la toux, et quand la quinte était finie, il se redressait épuisé, congestionné, les larmes aux yeux, quelquefois baigné de sueur, découragé même devant la perspective d’une quinte prochaine. Elle ne tardait pas à se reproduire surtout quand il s’exposait au froid du dehors : alors il lui semblait qu’en respirant il sentait des pointes d’acier lui entrer dans le gosier. La nuit le malade était réveillé par le besoin de tousser ; et souvent il était inondé de sueur pendant son sommeil. Le jour, les quintes se reproduisaient assez souvent —et après le repas, jusqu’à rendre ses aliments. Il n’y avait, pour ainsi dire, pas de fièvre, pas de râles de bronchite, mais une grande fatigue et accablement, avec sensation de brisement après chaque quinte, et faiblesse qui heureusement, était combattue par la conservation de l’appétit. Dans l'intervalle des quintes le malade n’éprouvait aucune oppression, aucune douleur thoracique, mais simplement une gêne et une tension laryngée avec titillations fréquentes provoquant les quintes. La voix est restée assez claire. Le pharynx et le voile du palais d’un rouge vif, avec saillie glandulaire et dilatation de vaisseaux. Le traifement consista en vésicatoires appliqués sur le devant du cou ; en inhalations calmantes, dans l’usage du goudron, de potions créosotées et

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d’arséniate de soude. Une saison d’Eaux-Bonnes fut faite sans résultat, car la maladie dura trois mois, et seuls les premiers beaux jours amenèrent la guérison définitive.

C’est ce que disent, en général, les médecins qui ne font pas de thérapeutique. Nous avons été dans une situation identique à celle du malade qu’on vient de voir : toussant nuit et jour, seulement, nous n’avons pas attendu les beaux jours. Nous avons fait un traitement dosimétrique régulier, consistant en : Sedlitz le matin à jeun — quassine et arséniate de soude aux repas.— dans la journée, iodoforme et codéine selon le. nombre des quintes — le soir, au coucher, arséniate de strychnine, aconitine, digitaline : 4 granules de chaque. Nous n’avons conservé de cette toux coqueluchoïde qu’une susceptibilité des bronches, sans oppression aucune — ce que nous attribuons particulièrement aux granules du soir.

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