TRAITEMENT DU CORYZA
Ce traitement — préconisé par le docteur Dubson— est très simple; il consiste à verser sur du camphre finement pulvérisé de l’eau bouillante et à respirer, pendant dix à vingt minutes, les vapeurs qui s’élèvent. Après les premières fiimigations, le patient ressent déjà un grand soulagement ; il est ordinairement guéri après deux ou trois séances. La quantité de camphre à employer est d’environ une cuillerée à câfé par verrée deau. (Journal de médecine et de chirurgie, novembre 1884.)
Comme on le voit, nous revenons au système Raspail. Est-ce parce qu’il est mort? Le fait est qu’on ne cite pas son nom. De son vivant on le traitait de charlatan — on en arrivera à lui dresser une statue. On ne saurait méconnaître que Raspail a été, en France, le premier qui se soit occupé de micrographie scientifique. S’il est sorti de l’atmosphère calme de la science, c’est qu’il y a été entraîné par la politique ; mais cela n’ôte rien à son mérite de savant. Il est certain que les fumigations de camphre sont utiles dans les épidémies comme désinfectant. Nous leur préférons toutefois les vapeurs térébenthmées.
Le coryza est le début du rhume de cerveau, voilà pourquoi il faut lui opposer l’aconitine, la vératrine ; il suffit souvent de 3 à 4 granules pour
arrêter le mouvement fluxionnaire. On dit le coryza infectieux ; cela est vrai là où il y prolifération de microbes, c’est-à-dire dans le coryza aigu. La morve est particulièrement dans ces cas. La preuve qu’il y a absorption d’un principe infectieux, c’est que les glanglions sous-maxillaires s’entreprennent.
LA MÉTHODE ANTIPYRÉTIQUE OU JUGULÀTRICE DANS LE TRAITEMENT MALADIES AIGUËS.
Au dernier congrès médical de Copenhague, M. le professeur Liebermeister (de Tubingue) a développé les principes, les procédés et les résultats de la méthode antipyrétique dans le traitement des maladies aiguës.
Cette méthode, nous l’avons fait connaître, il y a plus de quatorze ans, dans le Répertoire de 1870-72. Elle consiste dans l’emploi mixte des alcaloïdes et de leurs composés — digitale, vératrine, quinine, ainsi que dans les bains froids. Le professeur de Tubingue a émis le principe des hautes doses de quinine dans les fièvres continues, et c’est sous ce rapport que* la méthode est vulnérable. Nous avons, au contraire, fait valoir les principes des alcaloïdes défervescents : aconitine, vératrine, etc., a petites doses, à intervalles rapprochés, jusqu’à effet thérapeutique.
M. le docteur Bouchard — tout en reconnaissant les avantages de la thérapeutique antipyrétique des maladies infectieuses aiguës a prétendu que cette méthode n’est que palliative, mais non curative : quelle permet au malade de s acheminer moins péniblement ou plus sûrement vers la guérison spontanée. « Mais, dit-il, n’y a-t-il pas à agir d’une manière plus efficace ? A côté de cette thérapeutique antipyrétique naît et se développe la thérapeutique antiseptique qui franchit peu à peu 1 enceinte du laboratoire. » On sait que c’est là la marotte de M. Bouchard : non pas tant de tuer le microbe que d’empêcher sa pullulation. Il nous semble qu’une fois mort le microbe ne se reproduit plus.
Mais passons. « Certes l’antisepsie médicale — en tant quelle veut atteindre les agents infectieux disséminés dans le sang et dans tout 1 organisme ou répandus dans les tissus, soustraits à une médication locale — est loin encore d’être entrée dans la phase d’application légitime; il n’en est plus de même pour les infections, dans lesquelles les ferments habi-
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
tent des surfaces accessibles naturelles ou accidentelles ; que ces infections soient primitives ou secondaires. Là, l’antisepsie a fait ses preuves ; elle peut être efficace sans être nuisible. » Depuis plusieurs années M. Bouchard applique cette méthode au traitement des complications qui surviennent, au cours de la fièvre typhoïde, du fait des putréfactions intestinales; il pratique également l’antisepsie du tube digestif dans d’autres maladies. Ce serait fort bien si le canal intestinal était un évier qu’il suffise de curer : mais la fièvre qu’en fait-il ? Il trouve plus d’avantage à l’abandonner à son cours naturel. « Dans la fièvre typhoïde j’emploie le charbon iodoformé ; ce n’est pas dans le but d’agir sur l’agent typhogène ou de s’opposer aux putréfactions intestinales, mais afin d’empêcher l’absorption des produits de ces putréfactions, en les fixant — en partie du moins — sur ce charbon. Les matières fécales non seulement perdent leur fétidité, mais sont absolument inodores et donnent par filtration un liquide incolore. » Il nous semble qu’il serait beaucoup plus simple de les enlever avant leur putréfaction— comme dans les fosses mobiles? Mais alors il n’y aurait plus d’antisepsie, et que deviendrait le système de M. Bouchard? Revenons à notre ours : Que devient la fièvre typhoïde ou plutôt le malade? Ce qu’il peut! Ce n’est pas là faire de la médecine; surtout l’aller exposer dans une ville essentiellement médicale.