DES FORMES EFFACÉES DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE ET DE SON TRAITEMENT
Il est bon de prendre note de tout ce qui se publie sur la fièvre typhoïde, parce que c’est une de ces maladies auxquelles l’allopathie continue à attribuer une marche cyclique.
M. le docteur Grelletz, médecin consultant à Vichy, a lu à la Société pratique de Paris, dans sa séance du 4 mai 188£, un mémoire dont nous allons faire quelques extraits.
« La fièvre typhoïde ne se présente pas toujours avec des caractères nets et tranchés ; son appareil symptomatique peut rester incomplet et mal défini. Légère en apparence, sans signes positifs, elle peut simuler une simple indisposition, et le diagnostic demeure incertain pendant toute la durée de la maladie — à moins qu’une aggravation subite dans les symptômes ou l’apparition de quelques accidents ne vienne donner à 1 observateur — jusqu’alors indécis — une désespérante certitude. Il est donc de toute nécessité de savoir reconnaître la maladie sous son aspect bénin, sous ses formes insidieuses et légères, si l’on ne veut pas s’exposer à instituer une médication intempestive ou à inspirer des espérances illusoires. On pourra aussi, de la sorte, prévenir peut-être ou du moins prévoir les complications qui marquent souvent le réveil de la maladie. Cela est de la dernière importance, attendu que quelques malades ne
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ressentant que de légers malaises, évitent de s’aliter et se livrent à des occupations dangereuses, sans se douter qu’ils sont sous le coup dune maladie aussi grave. Nous nous trouvons en présence du typhus ambulatoire, comme disent les Allemands. Cette variété ne peut se signaler, au début, que par des frissons, des maux de tête, une soif plus ou moins vive et une diminution de l’appétit. (Louis.) Il est des malades, dit Grisolle, chez lesquels une apparence fébrile continue, de médiocre intensité, et la perte de l’appétit, sont les seuls symptômes qui fixent 1 attention du malade. Griesinger, Yalleix, Niemyer, Murchison sexpnmen de même au sujet de cette fièvre larvée, dont les seuls symptômes constants dans la première période surtout - sont l’élévation de la température et l’accélération du pouls. Le cycle fébrile n’est donc pas aussi nettement dessiné que dans la forme régulière : la fievre peut présenter des rémissions, des intermittences ; elle est en corrélation intime avec les autres symptômes et s’accroît au fur et à mesure que eta général s’aggrave. Ces différences dans l’intensité et dans la modalité de l app reil fébrile peuvent s’accompagner d’insomnie, de rêves pénibles, d épistaxis, de céphalalgie, de diarrhée, d’anorexie, de faiblesses, de symptômes pulmonaires, de ballonnements, de gargouillements au lieu d’élection et de taches rosées lenticulaires. Ce dernier signe est fort important - cela va de soi - et constitue un élément précieux de diagnostic. Le mal poursuit lentement et sourdement sa marche, sans que e malade soit exempt pour cela des accidents qui peuvent survenir dans le cours de l’affection typhique. Il est même à remarquer que dans les cas heureux la convalescence est d’une lenteur désespérante Tous les auteurs semblent s’accorder à considérer comme très sérieuse la forme de fievie typhoïde que nous venons de signaler, tant à cause de la soudaineté que
de la gravité de ses complications. »
Arrêtons-nous à ce premier point : Habemus fatentem reum Si la fièvre est si insidieuse à son début, si elle est, comme disent es Allemands, ambulatoire, c'est-à-dire qu'elle peut se jeter sur tel ou tel organe noble, pourquoi ne pas l'arrêter au début? Nous comprenons que. cest ici que le bât blesse. N'osant instituer une médication perturbât! ice les médecins allopathes préfèrent attendre, alors qu'il leur serait si facile cependant de faire un lavage de tout le tube intestinal avec le Sedlits Chauteaud et de donner aussitôt après la strychnine et la quinine (arseniates) contre la prostration nerveuée et les frissons erratiques ; et si la température s'élève au-dessus de la moyenne (38, 39" c.), les alcaloïdes défervescents : aeonitine, vératrine, en même temps quon combattra la céphalée par la caféine (citrate ou arséniate) et l'anorexie par la quassine
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
Cela peut se faire en tout état de choses; d’autant, que le malade ne se trouve encore que sous le coup de la maladie, sans avoir suspendu ses occupations journalières. Malheureusement, pour les organiciens la fièvre typhoïde n’existe que dans ses lésions intestinales, et on comprend qu’alors il soit trop tard. Ils se fondent sur les oscillations thermométriques,, mais ne font rien pour les combattre. A quoi bon ces tracés pris deux fois par jour, sinon pour faire tableau au chevet du malade et se persuader à soi-même qu’on suit une marche scientifique? Il n’est aucun médecin dosimétriste qui admettrait cette manière de faire. Ils sont praticiens avant tout et s’adressent à la vitalité, ' en dehors de laquelle la médecine n’est qu’une « inutile histoire naturelle ».
DE l’emploi DOSIMÉTRIQUE DU CHLOROFORME DANS LACCOUCHEMENT.
Jusqu’ici, peut-on dire, tous les accidents déterminés par le chloroforme ont été causés par des doses excessives et prolongées? Sous ce rapport il en est des accouchements comme des opérations. M. le docteur Tarnier dit avoir eu occasion de constater qu’en faisant aspirer du chloroforme en petite quantité, mais à intervalles rapprochés, on obtient une anesthésie suffisante pour le but qu’on se proposé. Les femmes s’assoupissent entre les contractions utérines; et lorsqu’elles reviennent à elles, elles les sentent sans souffrir beaucoup. Elles réclament le chloroforme ; et celles qui ont eu des accouchements antérieurs sans ce moyen, déclarent que ce dernier mode est moins pénible que l’accouchement simple. Il suffit de quelques gouttes de chloroforme sur un mouchoir. L’anesthésie incomplète suffit pleinement : elle laisse la femme assez éveillée pour 1 aider et pouvoir prendre le seigle ergoté si c’est nécessaire. M. Tarnier ne pense pas qu’on doive employer le chloroforme pour tous les accouchements ; mais il ne voit pas de bonne raison de s’en abstenir lorsque les douleurs sont très vives. Selon lui le chloroforme est absolument indiqué lorsque les contractions sont irrégulières et le travail ralenti. Dans ce cas, le chloroforme fait disparaître l’élément spasmodique et le travail devient indolore et facile. La contre-indication—comme dans toute opération — se tire
des maladies du cœur; aussi M. Tarnier veut qu’on, ausculte la femme avant de l’endormir.
Nous ferons remarquer que la strychnine et l’hyosciamine sont indiquées dans ces cas — ainsi que pour Y entraînement puerpéral : Yhyosciamine afin d’effacer le col utérin, la strychnine afin d’activer les forces expulsives de la matrice. Ces deux alcaloïdes peuvent être donnés simultanément — agissant sur des plans musculaires différents — sans qu’on ait à craindre d’antagonisme ou de neutralisation — comme l’avait pensé Gubler. Dans la plupart des cas l’emploi du chloroforme devient ainsi inutile. S’il survient des signes de métrite on donne le chloral boraté — d’après la méthode du docteur L. Hébert — afin de conjurer l’infection lochiale. Enfin, si la fièvre se déclare, on la combattra par l’aconitine ; la vératrine, puis par l’hydro-ferro-cyanate de quinine, qui est le fébrifuge par excellence. On voit par là que l’accoucheur dispose de grandes ressources, et s’il ne les emploie pas, cest quil est aveuglé par la routine ou l’obstination dans les vieux errements.