DE LA MÉNINGITE DANS LE DELIRIUM TREMENS
M. Robin a lu à la Société de biologie de Paris, dans sa séance du 24 juin 1882, un travail où il rapporte —selon lui — trois cas de delirium tremens terminés par une méningite aiguë. Cette complication — déjà signalée par M. Jaccoud — semble relativement fréquente ; elle ne serait, en effet, qu’une évolution vers le sens inflammatoire de la congestion cérébrale qu’on constate dans toutes les autopsies.
Nous ferons remarquer qu’il en est de même de toutes les affections aiguës abandonnées à leur marche si improprement nommée naturelle. Le delirium tremens est surtout dans ce cas, puisque le sang est brûlé par les liqueurs spiritueuses. En effet, chez les alcoolisateurs la substance cérébrale est imprégnée d’alcool — comme on peut le démontrer en la soumettant à la distillation. Il en est de même du foie et des autres organes parenchymateux. Or, l’alcool produit l’appauvrissement du sang dans ses globules rouges et son albumine ; par contre, la fibrine, les graisses phosphorées et l’eau y sont augmentées. Dans ces conditions, on corn-
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
prend fort bien que le delirium tremens soit une évolution vers le sens inflammatoire de la congestion cérébrale, qu’on constate dans les autopsies. Mais pourquoi le laisser évoluer? Le delirium tremens doit être arrêté par la strychnine, l’hyosciamine et la digitaline, afin de calmer le cerveau par le cœur. Il faut, en outre, un régime analeptique : bouillons, albumineux, vins, etc., en un mot, tout ce qui peut reconstituer le sang. En suivant cette ligne de conduite on aura moins d’autopsies à faire. Mais c’est de la dosimétrie !