‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 78 sur 179 · DE L’EMPLOI DES ALCALOÏDES EN MÉDECINE · texte numérisé non relu

DE L’EMPLOI DES ALCALOÏDES EN MÉDECINE

Les alcaloïdes — grâce à la dosimétrie, c’est-à-dire l’art d’en régler l’emploi — commencent à se généraliser dans la pratique. Jusque-là— à peu d’exceptions près—ils étaient relégués dans l’armoire à poisons des pharmacies. Beaucoup de praticiens continuent cependant à employer les poisons minéraux; et tel qui ne recule point devant l’arsenic, le cuivre, le mercure, le zinc, tremble au seul mot de strychnine, d’aconitine, d’atropine, etc. Il est vrai qu’ils prescrivent la noix vomique, l’aconit, la belladone, la jusquiame, etc., secundum artern; que le malade guérisse ou meure, cela ne les regarde plus : leur responsabilité est couverte, tandis qu’avec une méthode non admise par l’École ils craindraient d’être compromis. En vain les faits démontrent que les dangers sont nuis : autant parler à des sourds. Un savant dont il faut déplorer la disparition prématurée est sans doute Gubler. Eh bien ! lui aussi était hostile à la dosimétrie. Il est vrai que, comme Pidoux et Trousseau, il était lié par un gros bouquin — tant il est dangereux de vouloir emprisonner la science éminemment progressive dans un compendium ou commentaire, quelque bien fait qu’il soit du reste, on est lié vis-à-vis de l’éditeur, et ce n’est qu’au bout de quelques années, quand l’édition est épuisée, qu’il consent à en faire paraître une édition nouvelle. C’est la réflexion qui nous est venue à propos des Leçons de thérapeutique de l’éminent professeur de matière médicale. Rendons ce témoignage à Gubler : d’avoir, un des premiers, parlé des alcaloïdes, en dehors de la morphine et de la quinine, et d’en avoir fait connaître l’action purement dynamique. Après les médicaments reconstituants, c’est-à-dire qui abandonnent à l’économie une partie de leurs éléments par une sorte d’assolement organique, viennent des médicaments dynamisants, qui n’abandonnent rien de leur substance à l’organisme, mais lui donnent simplement de la force, aussi les a-t-il nommés dynamophores, ou agissant par catalyse physiologique en dehors de toute action chimique. Aussi, à moins d’avoir été introduits dans l’économie en grande quantité dans un but criminel ou par imprudence, les alcaloïdes n’y laissent point de trace, puisqu’ils s’y décomposent. Voilà pourquoi on peut les employer fût-ce journellement, sans avoir à craindre

l’accumulation ou la cachexie— comme font les médicaments minéraux. De là le contraste dont nous parlons plus haut. L’action des alcaloïdes et des glucosides est donc une action de suppléance dont profite la force vitale ou le dynamisme physiologique. Voilà pourquoi 1 alcaloïdo-thérapie doit occuper le premier rang dans l’iatrie des troubles morbides. Comme nous ne cessons de le répéter, la strychnine est le cheval debataille du médecin, puisqu’il faut constamment soutenir ou relever les forces vitales.

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