‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 79 sur 179 · L’ÉRYSIPÈLE ET LA MÉTHODE ANTISEPTIQUE, PAR M. VERNEUIL · texte numérisé non relu

L’ÉRYSIPÈLE ET LA MÉTHODE ANTISEPTIQUE, PAR M. VERNEUIL

Tel est le titre de la communication— fort étendue —que M. Verneuil vient de faire à l’Académie de médecine, dans la séance du 24 février 1885, nous en extrayons le passage suivant :

L’érysipèle des hôpitaux a deux origines : l’une extérieure, l’autre intérieure; c’est une maladie mèsologique autant que nosocomiale qui, par conséquent, naît et s’alimente à deux foyers permanents, lesquels font continuellement échange d’infection : la ville empoisonnant l’hôpital par les malades qu’elle y fait admettre ; l’hôpital, à son tour, contaminant la ville, ne serait-ce que par les convalescents qu’il y envoie.

Cela prouve que, de côté et d’autre, il existe des causes de contamination, et que la grande ville ainsi que ses spacieux hôpitaux ont grandement besoin d’être assainis. Quant à la ville, la cause première est 1 encombrement, la superposition des habitants. Aussi est-il urgent de faire disparaître l’enceinte actuelle pour la reporter au delà d’un rayon stratégique qui permettrait d’établir des quartiers ouvriers convenablement disposés (1). On aura beau ouvrir des squares, percer des voies nouvelles, on ne fera que condenser davantage la population faute d’espace. Paris a vu successivement son enceinte fortifiée s’élargir à mesure de l’augmentation du chiffre de ses habitants : à plus forte raison est-ce nécessité urgente aujourd’hui que le chiffre dépasse deux millions. Quant aux

(1) Cette nécessité vient enfin d’être reconnue ; une partie des fortifications de Paris va être reportée plus loin et laissera ainsi des terrains disponibles pour des habitations ouvrières. Dr B.

hôpitaux, il faut également les désencombrer, en améliorant l’état domestique de la classe ouvrière, ce qui permettra d’établir un service médical à domicile. Au point de vue de la science médicale, ces enmagasinements de malades sont plutôt un embarras qu’un avantage. Il suffit, que chaque catégorie de maladies y soit représentée par un certain nombre de cas bien déterminés. Mais ce qu’il importe surtout, c’est de ne pas laisser arriver les maladies à ce degré d’effervescence où les microbes se produisent et pullulent. En vain leur oppose-t-on les antiseptiques, si les malades continuent à être contaminés par la fièvre, ils devront nécessairement répandre l’infection autour d’eux. Il est donc de toute nécessité d’introduire dans les hôpitaux la méthode dosimétrique basée sur la vitalité ; c’est-à-dire prévenir la fièvre et l’abattre dès quelle pointe ; ce qu’on n’obtient que par les ressources combinées de l’alcaloïdothérapie. Cela est d’autant plus nécessaire que les malades reçus à l’hôpital sont dans des conditions hygiéniques négatives. Parmi les nombreux cas d’érysipèle que M. Verneuil a rapporté dans sa communication, nous ne voyons nulle part qu’il soit question de traitement défervescent. Dans la discussion à laquelle cette communication a donné lieu, il n’a été question que de désinfectants, et aucun interlocuteur n’a parlé d’alcaloïdothérapie. Toute la question est cependant là : soutenir la vitalité. Dans notre service de chirurgie à l’hôpital civil de Gand, avant la révolution que les pansements de Lister sont venus introduire, nous faisions de nombreuses pertes parmi nos opérés, perte que les pansements antiseptiques ont réduites des deux tiers. Depuis que nous avons appliqué à tous nos opérés la méthode défervescente, ce dernier tiers a été lui-même singulièrement réduit. Aujourd’hui toute fièvre traumatique ou autre, est rendue impossible par le fait même de la résistance vitale suscitée par les alcaloïdes. Nos adversaires auront beau s’qpposer à la dosimétrie, ils y arriveront ; seulement ils attendront la disparition de son auteur, afin de ne point avoir l’air d’avoir cédé à ses importunités (1).

(1) Il pourrait se faire que ee temps ne soit pas proche et alors les malheureux malades continueront à être traités à merci. D r B.

COLIQUES nerveuses; leur traitement par l’opium ET LA BELLADONE, PAR LE DOCTEUR CHERCHEVIKI.

{Revue mensuelle de Saint-Pétersbourg et Chronica médico-chirurgica de la Habana .)

Il y a longtemps que l’opium combiné à la belladone a été employé dans ces cas. C’est ce qu’on nommait un correctif; il faut dire un adjuvant, puisque l’opium est à la fois calmant et convulsivant. Cette médication mixte a réussi particulièrement dans la colique saturnine, avec ou sans purgatifs. Il est beaucoup plus sûr, plus commode et plus rapide de se servir de la strychnine (sulfate) et de l’atropine (valérianate), en y joignant au besoin la morphine (brom ou chlorhydrate). Comme adjuvant, on se servira d’huile de ricin. On sait que les coliques nerveuses donnent quelquefois lieu à des étranglements internes parnouure ’ ou contracture de l’intestin, et à des hernies. Le Répertoire a cité un cas de cette dernière espèce d’étranglement où la kélotomie eût été inefficace, si nous n’étions venu en aide à l’opéré par la strychnine et lhyosciamine. Un des mérites de la dosimétrie, c’est de permettre la combinaison des médicaments actifs dans une sorte de gamme thérapeutique, tandis que l’allopathie procède empiriquement.

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