‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 81 sur 179 · PHOSPHURE DE ZINC · texte numérisé non relu

PHOSPHURE DE ZINC

La maison Ch. Chanteaud et C ie a été une des premières à livrer au corps médical lephosphure de zinc, produit jusque-là inaperçu et inusité en France. La difficulté était de le conserver inaltéré à l’air. Aujourd’hui ce précieux médicament commence à être employé dans le rachitisme et les affections nerveuses cloniques : chorée, épilepsie, etc. Le docteur Kassowitz (de Vienne) a publié le résumé de 500 observations de rachitisme traités avec succès par ce moyen. Les granules de phosphure de zinc Chanteaud sont au milligramme, afin de pouvoir les administrer à de tout jeunes enfants. Pour des enfants plus âgés, on n’a qu à doubler la dose, et la tripler, la quadrupler avec le progrès de l’âge. Dans un cas de chorée, chez un jeune enfant de trois ans, nous avons été graduellement jusqu’à 12 granules par jour. Le traitement a été continué pendant trois mois, avec des intervalles de repos de deux jours; et le succès a couronné notre persistance.

M. le docteur Degoux a employé le phosphure de zinc dans la dysménorrhée et la stérilité. Nous reproduisons ici son observation.

M me X..., vingt-quatre ans, mariée depuis cinq ans, a toujours eu des règles douloureuses et irrégulières ; elle n’a pas d’enfants et a suivi de nombreux traitements pour en avoir. Ayant guéri plusieurs cas analogues, M. Degoux donna le phosphure de zinc à la dose de 16 milligrammes par jour, soit 2 milligrammes de phosphore actif, ou 2 granules de 4 milligrammes aux repas du matin et du soir. Le traitement était arrivé au vingtième jour, quand

les règles se montrèrent sans la moindre douleur ; il fut continue à la meme dose pendant un mois; les règles ne reparurent pas, la jeune femme étant enceinte ; elle accoucha d’une fille qu’elle nourrit de son lait ; et le onzième mois après l’accouchement, les règles se montrèrent de nouveau tout aussi douloureuses qu’avant. Au bout de huit mois, le phosphure de zinc fut repris et les règles redevinrent normales, sans douleur. Le troisième mois survint une nouvelle grossesse, qui se passa comme la première.

Voilà donc un fait concluant en faveur du phosphure de zinc. Qu’on n’aille pas cependant ériger ce dernier en panacée, les causes qui agissent sur la menstruation étant très variées. Mais quand il s’agit d’inertie ou faiblesse constitutionnelle, acquise ou héréditaire, le phosphure de zinc est indiqué. Dans les cas de dysménorrhée douloureuse, nous combinons ce médicament à l’atropine, principalement le valérianate. Il n’y a pas à craindre • l’accumulation, ces médicaments étant très solubles. Nous les avons expérimentés dans une strangurie rebelle et fort douloureuse.

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