‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 84 sur 179 · MÉDICAMENTS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

MÉDICAMENTS NOUVEAUX

L'Hamamelis Virginiana. ( Welch . Hasel .)

On sait que feu le docteur Double avait l’habitude de dire à propos des médicaments spécifiques : « Hâtez-vous de vous en servir pendant qu’ils guérissent encore. » Ce sera probablement le sort de l’Hamamelis Virginiana, sorte de noisetier, très employé en Amérique, il faut bien le dire, au hasard. A tous les maux, on répond : prenez de l’hamamelis; et l’engouement est tel, qu’un Américain ne se mettrait pas en voyage sans son petit flacon d’hamamelis. C’est l’histoire des spécifiques en général. La teinture de feuilles est réservée pour l’usage interne (au 5 e ), et la teinture d’écorce (au 20 e ) pour l’usage externe.

A la Société de thérapeutique où le médicament nouveau a été présenté, M. Dujardin-Beaumetz a dit : « J’ai pris pour habitude de n’accepter qu’avec la plus grande réserve les renseignements fournis par les malades sur l’action de n’importe quel médicament; il est rare qu’il y ait une relation directe entre l’effet thérapeutique et ce que le patient

signale. Je crains que M. Compardon n’ait prêté une oreille trop bienveillante aux déclarations de ses clients. En Amérique où on fait un usage immodéré de pound's. extract, jamais on n’a observé d’accidents toxiques. De plus, dans les expériences physiologiques que j’ai faites avec cette substance, je n’ai observé aucune modification circulatoire. L’alcool de la teinture peut avoir son action propre, mais je me .refuse, jusqu’à nouvel ordre, de concéder à l’Hamamelis Virginiana des propriétés thérapeutiques bien définies. »

Bien parlé ! Mais il faut alors que le médecin commence par expérimenter le médicament sur lui-même, comme nous l’avons fait pour la plupart des alcaloïdes. L’Hamamelis est à peine annoncée que déjà on n’est pas d’accord sur son action : pour les uns c’est un agent toxique, pour les autres, un médicament tout à fait inoffensif. Quand on aura parfaitement déterminé ses effets physiologiques, il ne sera pas difficile d’en régler les applications. En médecine il n’y a pas de spécifiques, mais des agents physiologiques. Disons qu’il n’y a pas d’entités morbides, mais des troubles fonctionnels que le médecin doit s’appliquer à régulariser. La thérapeutique n’est que là, et non dans un aveugle empirisme.

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