‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 86 sur 179 · TRANSMISSION DE LA TUBERCULOSE PAR LE COÏT · texte numérisé non relu

TRANSMISSION DE LA TUBERCULOSE PAR LE COÏT

En médecine, il faut se méfier du : Post hoc ergo propter hoc. Ne pouvant guérir la tuberculose on l’accuse de toutes sortes de méfaits. Ainsi, a-t-on contracté une blennorrhagie d’une femme, d’ailleurs robuste, mais soupçonnée d’avoir des granulations au col de la matrice, et le coïteur étant ensuite venu à présenter des symptômes d’une tuberculose vésicoprostatique — et quelques mois après, une tuberculose pulmonaire et laryngée — c’est la femme avec laquelle il a eu des rapports qu’on en accuse — à peu près comme on disait : « C’est la faute à Voltaire et à

(1) En général, la loi ne protège pas assez les travailleurs, sous prétexte de la liberté de l’industrie. L’enquête du travail ouverte parle Gouvernement belge à l’occasion de la crise ouvrière (1886) a révélé des faits réellement monstrueux. D r B.

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Rousseau. » Évidemment cela n’est pas sérieux; et on ferait mieux de s’attacher à un traitement énergique de la phtisie tuberculeuse par les arséniates, comme le faisait le docteur Papillaud. Ce que le phtisique transmet à ses enfants, c’est la diathèse, c’est-à-dire l’affaiblissement du sang, et nous ne sommes pas éloigné de penser qu’il s’agit d’une leucémie héréditaire. Aussi les descendants de pareils ascendants ne sauraient être soumis à un traitement assez énergique. Ce n’est qu’en les saturant d’arséniates (de strychnine, d’antimoine, de soude, etc.) qu’on préviendra chez eux, le développement de la diathèse tuberculeuse. Nous avons particulièrement insisté sur ce traitement ; et même que la mère phtisique nourrisse son enfant, afin de faire un traitement double. La tuberculose, c’est l’ivraie du champ organique qu’on ne saurait trop amender (1).

UNE SURPRISE DAUTOPSIE.

Rien ne caractérise mieux les incertitudes du diagnostic que ces mots : Une surprise d'autopsie. C’est bien là ce que feu le docteur Amédée Latour a entendu par son « inutile histoire naturelle ». M. le docteur Constantin Paul a lu, à la Société médicale des hôpitaux, l’observation d’un malade qui est mort dans son service d’un anévrisme du cœur. Le cas mérite d’être relaté :

Homme âgé de quarante-sept ans, entré pour une attaque d’asthme. Il paraît que depuis l’âge de douze ans il a presque constamment toussé. Depuis huit mois, il a eu des palpitations très pénibles. L’auscultation du cœur révèle une hypertrophie assez considérable des parois du ventricule gauche; le droit — qui a un peu abaissé le foie — semble aussi hypertrophié. On entend à la pointe un souffle du premier temps—sur une petite surface—qui est systolique et se prolonge en plus pendant la diastole. D’un côté ne pouvant attribuer ce souffle à une insuffisance aortique ; de l’autre, ne pouvant le considérer comme un souffle paradoxal, M. Constantin Paul s’est attiré de là une surprise d’autopsie. Dans le fait, c’était un anévrisme du ventricule gauche, du volume d’un petit œuf de poule, adhérant au diaphragme, ayant perforé le péricarde.

Une discussion s’est engagée sur ce fait, qui n’a fait que confirmer... la surprise d'autopsie. Dès lors, n’est-il pas sage d’agir en dehors de tout

(1) La tuberculose pulmonaire enlève annuellement le vingtième des ouvriers des fabriques, tandis que les vagabonds qui mènent une vie au grand air en sont exempts : c'est qu’ils vivent au grand air, tandis que les ouvriers des fabriques sont confinés dans des ateliers où l’air est surchauffé

diagnostic précis, par les arséniates de strychnine, de soude, par l’hyosciamine, par la digitaline ; en un mot par les moyens que la dosimétrie indique (1).

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