‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 87 sur 179 · TRAITEMENT DE L’ALIÉNATION MENTALE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE L’ALIÉNATION MENTALE

De la folie brightique, par le docteur Dieulafoy.

Sous ce titre, le docteur Dieulafoy a fait, à la Société médicale des hôpitaux, une importante communication sur cette complication de la folie. Si la maladie de Bright a des conséquences graves pour les malades ordinaires, il ne semble pas qu’il en soit de même chez les fous. C’est que chez ces derniers la sensibilité physique est amortie ; et rarement on observe chez eux des fièvres graves. Toutefois, s’il y a moins de troubles nerveux, des troubles organiques, tels que : la dyspnée, les paroxystiques, les crachats sanguinolents, l’aligurie, l’albuminurie, l’œdème malléolaire, n’en existent pas moins et même persistent assez longtemps. Selon Spring, les accidents urémiques consistent principalement dans des troubles nerveux offrant, tantôt le caractère de la dépression, tantôt ceux de l’excitation. La dépression affecte de préférence le cerveau et les sens spéciaux, tandis que l’excitation se traduit par des mouvements convulsifs. Parmi les symptômes psychiques, on observe l’apathie intellectuelle, la somnolence, le coma ; mais il arrive communément qu’il n’est ni profond, ni permanent, le malade ayant, de temps en temps, sa conscience et sa sensibilité, l’hébétude persistant. Rarement on observe le délire, qui revêt alors la forme tranquille. « D’après le docteur Dieulafoy, le délire urémique revêt parfois les allures de la manie aiguë, avec excitation, agitation, insomnie, loquacité, vociférations » : ce sont là les symptômes propres à la manie ; et il ne faut pas qu’il y ait pour cela albuminurie. Quoi qu’il en soit, il résulte de là qu’un traitement actif par les alcaloïdes défervescents est nécessaire (2). A diverses reprises

(1) On voit que rien n’est plus incertain que le diagnostic physique, et qu’il faut insister sur les

caractères dynamiques ou vitaux des maladies. D r B.

(2) Voici d’après M. Dieulafoy le traitement de la folie brightique : Régime lacté exclusif; entretenir et réveiller les fonctions de la peau par des frictions et des massages ; révulsifs sur la région des reins, ventouses sèches, larges cataplasmes sinapismes ; digitale pour combattre l’atonie cardiaque, mais il faut en surveiller de près les effets, parce que l’élimination des médicaments par les

DE MEDECINE DOSIMÉTRIQUE.

nous avons prêché l’emploi de l’aconitine, de la digitaline, de la strychnine, de l’hyosciamine, mais en vain, la dosimétrie étant exclue des maisons d’aliénés, tout comme des hôpitaux et des cliniques officiels ou administratifs. Et, après cela, on vient nous dire : « Ouvrez des cliniques ! » comme si cela était possible à des particuliers. Tant que les abords de l’École seront gardés par le Cerbère officiel ou bureaucratique, le profanum pecus d’Horace n’aura d’autre ressource que d’en appeler à celui qui a plus d’esprit que Voltaire, c’est-à-dire le public, directement intéressé dans la question. C’est pourquoi il faut l’initier aux choses de la santé. D r B.

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