‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 92 sur 179 · PAR LE DOCTEUR JOHN DARIER (PARIS · texte numérisé non relu

PAR LE DOCTEUR JOHN DARIER (PARIS

Nous devons, chaque fois que nos adversaires publient leurs confessions, les recueillir d’après l’adage : Hàbemus fatentem reum. C’est ainsi que dans la brochure dont nous venons de donner le titre, il s’agit de 181 cas de diphthérie sur lesquels 61 cas de broncho-pneumonie ont été constatés à l’autopsie. Cela prouve que l’infection première n’a pas été combattue par le sulfure de calcium et les alcaloïdes défervescents. La broncho-pneumonie survenant dans le cours de la diphthérie est presque toujours mortelle : non pas tant à cause des micrococcus et autres organites, que de la paralysie des poumons et l’asphyxie qui en est la conséquence. A quoi bon, dans ces cas, la trachéotomie? Le véritable trachéotome ici, c’est la strychnine ou la brucine, poussée activement jusqu’à effet, en même temps qu’on combattra le symptôme fièvre par l’acontine, la vératrine, puis l’hydro-ferro-cyanate de quinine. Il ne faut pas s’étonner que l’étude des lésions anatomiques occupe une large place dans la brochure de M. Darier. Mais c’est là, au moins, « une utile histoire naturelle » puisqu’elle nous met en garde contre les agissements de l’allopathie. D r B.

DE L'EMPLOI DES HIPPURATES DE CHAUX ET DE LITHINE EN MÉDECINE, PAR LE DOCTEUR POULET, DE PLANCHER-LES-MINES (HAUTE-SAÔNE).

On comprend qu’ayant été pris une fois, je porte mon attention sur tout ce qui peut m’éviter une récidive ; c’est pourquoi je crois utile de reproduire ici les considérations suivantes du docteur Poulet :

En ce qui concerne î’uraturie, les beaux travaux de M. Lecorché viennent à l’appui de cette opinion : que dans l’uraturie il ne s’agit pas seulement d’une simple réaction chimique, mais d’un véritable état dynamique, d’une modifi-

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

cation radicale des fonctions du système nerveux de la nutrition. Selon M. Lecorché l’acide urique baisse sous l’influence des carbonates, des sulfates alcalins ou calcaires, auxquels il conviendra désormais de joindre les hippurates, plus puissants même et plus efficaces que les précédents. L’acide urique augmente, au contraire, sous l’influence des affections hépatiques : cirrhose, soit atrophique, soit surtout hypertrophique, hépatite syphilitique, ictère catarrhal, abcès, hydatides du foie. C’est pourquoi M. Lecorché considère le foie comme le siège principal de la formation de l’acide urique, qu’il appelle « un produit spécial de désassimilation du tissu hépatique. » Si cette théorie est vraie, on a le droit d’en conclure que c’est en s’adressant aux fonctions de la dénutrition par l’intermédiaire du foie, et nullement grâce à une vertu dissolvante que l’hippurate de chaux remédie à la lithiase urique.

Nous ne sommes atteint d’aucune des affections hépatiques signalées plus haut — ainsi que le témoigne l’état général de notre santé, malgré nos quatre-vingts ans. De plus, depuis plus de trente ans nous faisons journellement usage de sulfate neutre de magnésie : dira-t-on que c’est lui qui a déterminé chez nous la lithiase urique? Nullement, puisque l’acide urique baisse sous l’influence des carbonates et des sulfates alcalins. Il faut plutôt en accuser notre vie sédentaire depuis qu’ayant abandonné la vie active du praticien, nous nous sommes oublié dans de longues heures de travail de cabinet. Aussi, c’est pour nous une sévère leçon ; et nous aurons soin dorénavant de mieux soigner notre système hydraulique. Au besoin, nous ferons usage de l’hippurate de chaux, quoique nous ayons peu de confiance dans les transformations qui s’opèrent dans l’organisme vivant où tout est subordonné aux lois de la vie. L’observation suivante le démontre.

M.X..., trente-deux ans,magistrat, bonne constitution, déjà un peu replet,se plaint, depuis six mois, de douleurs siégeant à la partie supérieure des cuisses, aux reins, à la naissance de la verge et s’étendant quelquefois jusqu’à l’extrémité du gland. Ces douleurs sont assez vives, durent plusieurs jours et renaissent périodiquement d’une façon en quelque sorte critique, après un intervalle de temps plus ou moins long — lequel est en moyenne de un mois environ. Il a dû recourir aux lumières d’un jeune confrère, qui a pris ces symptômes comme de nature névralgique et s’est contenté de prescrire un Uniment opiacé et quelques pilules de Meglin. Le retour fatal et réitéré des accidents l’engagea à profiter de ma présence aux assises pour meconsulter,le6août 1884. Les urines sont limpides, rosaciques, elles laissent déposer une grande quantité de sable rouge cristallin qui, sous le microscope, se montre formé presque exclusivement de magnifiques cristaux losangiques d’acide urique.

Traitement. — Régime tenu : abstinence de viandes noires, de salaisons, de ragoûts, de vins généreux, etc. ; 3 cuillerées par jour de sirop d’hippurate de chaux. Le 29 août, l’état du malade est tout à fait satisfaisant et il se loue

hautement du traitement; non seulement son urine ne renferme plus d’acide urique en excès, mais il semble que le but a été dépassé, car elle présente une réaction alcaline ; elle est pâle, abondante et par le repos fournit une hypostase muqueuse. Celle-ci est amorphe, soluble dans les acides, même dans l’acide acétique, sans effervescence, si ce n’est par l’addition d’acide azotique. Le traitement sera suspendu pendant dixjours, après quoi, on l,e reprendra pendant une quinzaine; et ainsi de suite pendant trois mois, de façon à éviter la rechute et à consolider la cure. J’ai eu occasion de rencontrer ultérieurement M. X..., qui, dit-il, n’a eu qu’à se féliciter du résultat obtenu et n’a plus ressenti d’atteintes de ses anciennes douleurs.

Il est évident qu’il s’est agi ici d’une cystite que le régime et l’hippurate de chaux ont heureusement modifiée.

L’auteur parle ensuite de l’oxalurie qui, selon lui, est une conversion de l’uraturie. Nous avons fait voir, expérimentalement, qu’il s’agit d’une oxydation incomplète des matières féculentes et sucrées—surtout chez les enfants. Quoi qu’il en soit, les eaux alcalines et les sulfates alcalins sont également indiqués dans ces cas. Nous ne comprenons pas pourquoi l’auteur, dans son traitement, exclut les salaisons. Est-ce parce que le sel produit la pierre? Mais c’est là un préjugé populaire qui ne repose sur aucune donnée scientifique.

A propos de la gravelle phosphatique et de ses causes, l’auteur émet une opinion que nous croyons rationnelle : « Tout porte à croire, dit-il, que c’est le système nerveux qui est ici enjeu. » On observe, en effet, d’ordinaire cette affection chez les individus débilités plus ou moins profondément par des excès de toute nature, ou par une consomption cachectique dépendant du rachitisme, de la scrofulose, de la tuberculose, d’une dyspepsie chronique assez grave pour atteindre les sources mêmes de la vie, et de certaines maladies des centres nerveux, en tête desquelles il faut placer le tabes dorsalis. C’est le cas de recourir à l’hypophosphite de strychnine, aux hypophosphites de soude, de chaux, au phosphate de fer, etc., ainsi que l’indique la dosimétrie.

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