‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 93 sur 179 · LE CHOLÉRA EN ESPAGNE · texte numérisé non relu

LE CHOLÉRA EN ESPAGNE

L’épidémie continue à faire d’effrayants progrès en Espagne. On écrit de Madrid, sous la date du 19 juillet dernier : « Il y a eu hier, à Madrid,

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

7 cas et 5 décès ; à Aranjuez, 2 déeès (on ne dit pas sur combien de cas) ; à Ciempu-Zuclos, 3 cas et 2 décès ; dans la province de Valence, 488 cas et 204 décès ; dans la province de Saragosse, 255 cas et 115 décès; dans la province de Cuença, 59 cas et 17 décès; dans la province de Murcie, 155 cas et 9 décès ; dans la province de Tolède 81 cas et 32 décès ; dans la province de Teruel, 20 cas et 7 décès ; dans la province d’Alicante, 247 cas et 83 décès ; dans la province de Castellon, 162 cas et 62 décès ; dans la province de Tarragone, 132 cas et 36 décès ; dans la province de Ségovie, 2 cas. L’épidémie a fait son apparition dans les provinces de Sorca, Salamanque, Badajoz et Huesca. A Canada, village de 700 habitants, dans la province de Cuença, le premier jour de l’apparition du choléra l’on constata 46 cas et 24 décès, et les jours suivants 200 cas et 104 décès; Les survivants de ce village se sont réfugiés en masse dans les bois.

Toutes ces nouvelles sont effrayantes. Sommes-nous bien au xix 6 siècle? Et à quoi ont servi tant d’efforts de l’esprit humain? Cela prouve qu’en fait d’épidémies tout est encore à faire. En vain invoque-t-ôn l’hygiène, celle-ci est aussi impuissante que la médecine quand elle se borne à de banales prescriptions. Il faut donc des mesures radicales ; et c’est pour cela que les insuccès des vaccinations anticholériques — si courageusement entreprises par le docteur Ferran — loin de nous décourager, doivent au contraire nous donner l’espoir qu’un jour viendra où nous aurons dans ces vaccinations une préservation sinon certaine, du moins relative. N’est-ce pas ce qui a eu lieu avec les vaccinations antivarioliques ? Jenner s’est trouvé exactement dans la position qu’aujourd’hui le docteur Ferran. Qu’on lise notre Histoire générale de la vaccine ou Monument à Jenner, on y verra la preuve des déboires que ce bienfaiteur de l’humanité a eu à souffrir. Non seulement les faux savants d’alors, mais des prêtres fanatiques prêchaient contre lui la croisade de l’animadversion publique ; et parce que çà et là des épidémies de variole se déclaraient, on prétendait que c’était la vaccine qui les provoquait ; et il fut également question de l’interdire. Heureusement un groupe de médecins non oublieux de leur devoir, soutinrent Jenner et se portèrent caution pour lui devant le Parlement, qui lui accorda une récompense nationale. Alors — comme sa fortune avait changé—les adulateurs accoururent en masse, et peu s’en fallut qu’on ne le déifiât. Quel que soit le sort réservé aux vaccinations anticholériques, il ne faut pas en rester là, mais employer lés moyens généraux pour se garantir de la fièvre — quelle quelle soit — car c’est là l’ennemi ; c’est pour cela que nous ne cessons de prêcher l’emploi des alcaloïdes.

MaHieureusement tout ce qui vient de l’École est sacro-saint — dût-on en mourir. Il serait grand temps cependant qu’elle fît son mea culpa et suivît la voie du progrès au lieu de se mettre en travers.

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