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DES AVEUX DÉPOUILLÉS D’ARTIFICE

Jusqu’ici les adversaires de la dosimétrie se sont occupés dy chercher la petite bête. C’est l’histoire de la paille et de la poutre. Nous aussi nous pourrions chercher chez les allopathes, non la petite, mais la grosse bête.

Nous n’aurions pour, cela qu’à les suivre dans leurs élucubrations quotidiennes. Ce serait fatigant et peut-être oiseux ; cependant nous ne pouvons résister au plaisir que nous a fait, chaque fois, la lecture dune des conférences du grand maître de la thérapeutique, M. Dujardin- Beaumetz—la dixième—sur les médicaments antithermiques (rien de la dosimétrie!). Nous ne suivrons pas le conférencier dans ses dissertations sur la fièvre ; nous ne pourrions que répéter : « Ça brûle ! » Nous passons à l’emploi des médicaments internes capables d’abaisser la température : naturellement, il y est question des vieux coursiers de l’allopathie, le tartre émétique et la saignée. « Le tartre émétique, dit-il, est un puissant antiphlogistique et, comme la saignée, il abaisse considérablement la température, déterminant alors un ensemble symptomatique très analogue — au point de vue thermique — à ce que nous voyons se produire dans la période algide du choléra, d’où le nom de choléra stibié qu’on lui a donné. » — Guy Patin avait déjà dit tarlre sligié. — Et nous ne savons lequel des deux est le moins coupable. Que d’enfants atteints de croup ont été envoyés aux sombres bords ! M. Dujardin-Beaumetz nous dit que la médication antiphlogistique par le tartre stibié est bien abandonnée (nous n’en sommes pas garant !), et que nous possédons des moyens plus énergiques et beaucoup moins dangereux pour abaisser la température. Voyons ! Les doses massives de sulfate de quinine ne sont pas sans danger : outre les désordres qui se produisent du côté de l’encéphale, il se fait, comme l’a très bien montré Laborde (et d’autres avant lui ; mais c’était parler à des sourds), des troubles graves du côté du cœur, caractérisés par une véritable myocardite qui vient s ajouter aux

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lésions cardiaques si bien observées dans la dothiénentérite et dans les maladies infectieuses et virulentes, par Hayem, Desnos et Dieulafoy (tout ce qui a été observé avant ces Messieurs ne compte pas).

Passons à l’acide salicylique : « L’action antithermique de l’acide salicylique est analogue à celle du sulfate de quinine, mais les mêmes inconvénients se présentent avec les doses massives ; les troubles cérébraux qu’il détermine ne sont pas sans inconvénients ni même sans dangers. » — Entendez-vous, Messieurs Vulpian et d’Hallopeau?

« L’acide phénique est un très puissant .antithermique, et l’on a vu des doses relativement faibles de 2 grammes, déterminer des abaissements de température de plusieurs degrés. Ces abaissements s’accompagnent de symptômes graves, la peau se couvre de sueur, la respiration s’engoue, il y a une dépression générale des forces de l’économie, ce qui fait que l’acide phénique, tout en étant un médicament antithermique très puissant, est un médicament très dangereux, car ses efEets antithermiques, il les doit à son action sur le système nerveux et sur les globules sanguins ; c’est, en effet, en diminuant le pouvoir respiratoire du sang que l’acide phénique abaisse la température, et nous devons repousser de la thérapeutique les antithermiques sanguins qui viennent augmenter les altérations sanguines que l’on trouve dans toutes les pyrexies infectieuses.» Nous suivrons M. Dujardin-Beaumetz dans sa prochaine conférence sur les nouveaux médicaments antithermiques.

DES INOCULATIONS ANTICHOLÉRIQUES COMME TRAITEMENT PRÉVENTIF DU CHOLÉRA, PAR LE DOCTEUR DUBOUÉ, DE PAU.

Beaumarchais l’a dit : « Pour parler de la valeur des choses il ne faut pas les avoir pratiquées. » Ainsi s’est dit également le médecin de Pau. Il était cependant assez près de l’Espagne pour aller s’en assurer. Mais il paraît que pour lui il y a encore des Pyrénées. Après une profonde dessertation, voici comment il conclut :

I. Un choléra atténué ne saurait prémunir du choléra asiatique à forme grave, alors que ce dernier lui-même, loin de créer une pareille immunité, prédispose, au contraire, à une nouvelle atteinte.

II. Le choléra algide n’est pas un empoisonnement dans l’acception propre du mot ; il donne lieu à des altérations des parois artério-capillaires du système aortique et produit un genre de mort tout à fait comparable à celui qu’entraînent après elles les grandes hémorragies.

III. Les inoculations pratiquées récemment en Espagne ne sauraient aucunement donner lieu au syndrome cholérique— si atténué qu’on le suppose — 1 introduction du liquide soi-disant vaccinal, se faisant par une voie par laquelle ne peut se faire et ne se fait jamais l’introduction de l’agent du choléra vrai. Tandis que le liquide, en effet, est introduit par l’intermédiaire des veines de de la circulation générale dans le système à sang noir, l’agent producteur du choléra asiatique pénètre toujours par la respiration dans des veines pulmonaires, c’est-à-dire dans le système à sang rouge.

Nous ferons ici, très humblement, quelques remarques :

1° Si les virus atténués ou cultivés ne prémunissent pas des virus primitifs ou sauvages, que deviennent tous les travaux de M. Pasteur? Heureusement que les faits sont là; et il faut espérer qu’il en sera des vacccinations anticholériques comme des vaccinations antivarioliques. Un peu de patience !

2° Que sait-on encore du mode d’action du principe cholérique . sontce des microbes ou un principe animal particulier — de même que dans le sperme dont on ignore le mode de fécondation ?

3° Est-il bien vrai que c’est par la respiration que l’agent producteur du choléra asiatique pénètre dans l’économie? Nous nous étions laissé dire que dans le choléra toute inhalation pulmonaire est suspendue.

Nous espérons que M. le docteur Duboué viendra bien nous tirer de ces incertitudes. , v ^

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