‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 95 sur 179 · TRAITEMENT CURATIF DU CANCER · texte numérisé non relu

TRAITEMENT CURATIF DU CANCER

Le cancer est une affection qui jusqu’ici s’est soustraite aux efforts de l’art; du moins les guérisons ont été temporaires —et souvent cause d’une cancérose généralisée. Pour notre part, nous avons opéré des centaines de cancers et n’en avons réussi aucun — bien entendu des cancers véritables et non des fibroïdes. La question est de savoir si le cancer naît sur place, ou bien s’il est le produit d’une diathèse préexistante. On invoque

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les coups, les chutes, mais que de femmes auraient le cancer du sein, surtout parmi les femmes du peuple ! Or, c’est dans cette classe que cette affection est la moins commune; les religieuses, au contraire, race peu batailleuse, y sont fort sujettes. Il y a encore la question du néoplasme : aujourd’hui, on est tenté d’y voir un microbe. Quoi qu’il en soit de ces questions d’origine, toute tentative de détruire le cancer sur place ne doit pas être abandonnée et c’est à ce titre que nous mentionnons ici le traitement du docteur Vogt. Il injecte au milieu de la masse néoplasique, au moyen de la seringue de Pravaz,un mélange d’essence de térébenthine et d’alcool. A la suite de cette opération il se développe une inflammation assez violente, avec rougeur érysipélateuse tout autour de la tumeur et un mouvement fébrile qui peut aller jusqu’à 139°,5 F. de température vespérale; puis, au bout de huit jours, l’inflammation s’apaise et la tumeur — qui avait d’abord augmenté de volume — entre en résolution. Une seule injection ne suffît pas ordinairement : il faut renouveler l’injection trois ou quatre fois pour la destruction complète du néoplasme. Il y a de longues années qu’on a tenté des procédés analogues ; ainsi nous nous rappelons l’époque où l’on instillait dans le cancer des matières gangreneuses, ce qui n’était pas sans danger. De tout temps on a eu recours aux caustiques et on se rappelle celui de Cancoin, avec le chlorure de zinc. Les guérisseurs emploient encore les trochisques mercuriels ou arsenicaux. En regard de ces moyens violents le procédé du docteur Vogt doit paraître inoffensif ; cependant la vive inflammation à laquelle il donne lieu pourrait avoir de tristes conséquences. Le plus prudent est d’endormir le cancer au moyen de la cicutine. Nous traitons une dame qui, depuis douze ans, porte un cancer au sein gauche; les douleurs lancinantes sont calmes et presque nulles ; et quant à la tumeur, elle empêche qu’un cancer interne ne se forme — comme nous en avons vu tant d’exemples. La malade porte un plastron ouaté afin d’éviter tout choc ou coup. Nous soutenons ses forces par l’arséniate de strychnine, l’aconitine, la digitaline : 3 granules de chaque, le soir, en se couchant. Le matin le Sedlitz Chanteaud, et au repas principal la quassine et l’arséniate de soude.

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