EMPLOI CHIRURGICAL ET MÉDICAL DU SULFURE DE CARBONE
Le volume III e du Répertoire (1873) contient un article sur l’anesthésie locale produite par le sulfure de carbone. L’étude de cet agent vient d’être reprise par MM. Dujardin-Beaumetz et Salpe, qui ont fait des expériences au point de vue de ses propriétés physiologiques et thérapeutiques.
Appliqué sur la peau, le sulfure de carbone produit un vif refroidissement, puis une congestion et une rubéfaction très intense, sans déterminer des phénomènes d’intoxication. Par la voie hypodermique, on produit des escarres plus ou moins étendues, mais toujours sans intoxication générale (1), c’est-à-dire que les tissus sont brûlés sur place, comme avec le mercure congelé. C’est dire que son usage interne peut produire des accidents : aussi, ne pensons-nous pas que cet agent puisse être introduit dans la thérapeutique. M. Dujardin-Beaumetz dit que donné à l’intérieur, à la dose de 25 grammes par 500 grammes d’eau et 50 gouttes d’essence de menthe (2), une cuillerée à bouche dans du lait ou de l’eau rougie, quatre à dix fois par jour, le sulfure de carbone est bien supporté, que la désinfection des garde-robes est complète et leurs propriétés infectieuses détruites ; mais nous doutons que dans la pratique civile ce remède soit accepté (3). Pourquoi tant parler d’auto-sepsie? Est-ce qu’on n’a pas le sel Chanteaud, comme 'lavage général du tube digestif, d’autant plus efficace qu’il est prompt dans son action, puisque dix minutes après on peut prendre des aliments ou des médicaments? « Il convient, dit M. Dujardin-Beaumetz, d’administrer le sulfure de carbone dans tous les cas où il se développe de la putridité dans le tube intestinal : fièvre typhoïde, dilatation de l’estomac, compliqué de diarrhées infectieuses, diarrhée de Cochinchine. » Ne dirait-on pas que ce
(1) Ce dont on peut douter, puisque l’hydrogène sulfuré éteint toute flamme, tant physique que
vitale. Si, quand il y a escarre, il n’y a pas d’intoxication générale, c’est qu’il n’y a pas eu d’absorption, le tissu cutané ayant été brûlé. D r B.
(2) L’essence de menthe est un rubéfiant. Lors de la première épidémie du choléra, à Gand, un
honorable professeur prescrivait à ses malades cette essence : tous sont morts ! D r B.
(3) Dans les hôpitaux on impose les remèdes nouveaux aux malades : Eæperientia in anima vili.
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sont là des entités morbides, alors quelles sont le résultat de la négligence à nettoyer l’évier humain ?
P. S. A l’Académie des sciences (séance du 3 août 1885), MM. Brouardel et Paul Laye ont signalé des cas d’empoisonnement par l’hydrogène sulfuré.
TRAITEMENT DE LA PHTISIE CATARRHALE, DES HÉMOPTYSIES ET DES BRONCHITES CHRONIQUES, PAR LA TERPINE.
(Communication de M. Germain Sée à l'Académie de médecine.
Bulletin du 28 juillet 1880.)
Le remède de la phtisie bacillaire est-il enfin trouvé? On pourrait le croire, d’après les observations de M. Germain Sée; mais peut-être s’est-il trop hâté et en sera-t-il de la terpine comme de tant d’autres spécifiques. Il y a longtemps que les balsamiques et les térébenthinacés ont été employés dans les bronchites chroniques. Nous nous souvenons d’avoir sauvé ainsi d’une phtisie confirmée une de nos clientes, mère de famille. Le copahu détermina chez elle un érythème général de la peau, qui agit comme révulsif. Mais laissons parler M. Germain Sée.
A. Phtisie catarrhale. — Certaines formes de la tuberculose pulmonaire sont considérées — comme je l’ai indiqué dans mon traité de la phtisie bacillaire —par une irritation extrême des conduits bronchiques, par une bronchite généralisée avec expectoration profuse. Cette expectoration fatigue le malade par les quintes de toux répétées qu’elle provoque, en même temps qu’elle l’épuise par son abondance. Chez trois malades atteints de cette variété de phtisie catarrhale, j’ai vu toute l’influence de la terpine rapidement l’atténuer, l’abondance des crachats, la toux diminuer de fréquence et d’intensité, en même que les signes physiques de la bronchite, tels que râles muqueux ou sous-crépitants généralisés, disparurent pour ne laisser subsister que les signes d’induration, la respiration soufflante et le retentissement de la voix dans les parties supérieures du poumon. Dans deux autres cas, il existait une vaste excavation avec souffle caverneux et gargouillement. L’expectoration était manifestement due ici à la sécrétion purulente des parois de la caverne et à la fonte même du tissu pulmonaire; elle remplissait un à deux mouchoirs par jour (1) et s’accompagnait d’une fièvre hectique, qui élevait chaque
(1) Nous ferons remarquer qu’il est dangereux de laisser les phtisiques expectorer dans leur
soir la température à 39“ c. et 39“,5 c. Or, en même temps que par l’antipyrine administrée pendant quelques jours (5 granules l’après-midi), la température tombait à 37“ c. et 30»,8, la terpine donnée en pilules à la dose quotidienne de 1 gramme 20, faisait rapidement diminuer la sécrétion caverneuse. Au bout d’une dizaine de jours, chez une jeune fille de dix-neuf ans, 1 amélioration était telle que la formation des mucosités purulentes était pour ainsi dire supprimée; la malade ne rendait plus que le matin, au réveil, quelques crachats opaques; pendant le reste du jour, la toux devenue très rare, ne provoquait aucune expectoration. L’auscultation permettait, en quelque sorte, de suivre le travail d’assèchement produit par la terpine. Les signes de l’excavation pulmonaire persistaient, mais en se modifiant d’une manière remarquable; les gargouillements avaient complètement disparu et l’on n’entendait plus que la pectoriloque avec un souffle cavitaire sec, sans accompagnement de râles humides.
La malade n’est sans doute pas guérie, mais c’est beaucoup de l’avoir amenée, en aussi peu de temps à un degré d’assèchement de la caverne qui permet d’espérer la cicatrisation de ses parois, comme il en existe d’ailleurs de nombreux exemples. Nous ne pouvons omettre de recommander dans ces cas les granules de sulfure de calcium, du chloral et du borax en potion. On sait qu’il se forme ainsi du chloroforme à létat naissant. Mais il est toujours nécessaire d’employer les alcaloïdes défervescents : aconitine, vératrine, strychnine, etc. Dans une maladie aussi désespérante que la phtisie, on ne saurait avoir trop de cordes à son arc. ^ R
de l’érythème scarlatiniforme récidivant, par le docteur perret.
Le Répertoire a relaté un cas de jugulation de scarlatine, par l’aconitine, sans quelle fût suivie d’anasarque — mais d’une desquamation générale. Ce fait démontre que les accidents consécutifs, si fréquents dans cette maladie, proviennent de ce qu’on la laisse marcher; et que, par conséquent, la jugulation doit être ici la règle — comme dans toutes les affections fébriles. Nous savons que ceci n’est pas en rapport avec les idées de la médecine classique, mais s’il fallait s’en rapporter à cette
mouchoir, à cause de la rapidité avec laquelle les microbes y pullulent. Il faut des crachoirs avec un liquide désinfectant.
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dernière, la science ne ferait pas un pas. Il y en a qui croient à la rétention dans l’économie d’un principe septique indéterminé ; d’autres, aujourd’hui, disent de microbes : nous n’y contredisons pas; mais cette croyance n’est pas contraire à la doctrine de la jugulation, puisque les alcaloïdes ont une action antiparasitaire et antiseptique très énergique.