‹ Miscellanées de médecine dosimétrique (volume 2)Chapitre 98 sur 179 · LES MICROBES DE LA FIÈVRE JAUNE · texte numérisé non relu

LES MICROBES DE LA FIÈVRE JAUNE

M. Domingos Freire a communiqué à l’Académie de médecine de Paris un ouvrage écrit en français : Etudes expérimentales sur la contagion de la fièvre jaune. D’après lui, le champignon de M. de Lacerda, ne serait qu un faux microbe, produit de germes accidentellement tombés dans les prépara-

tions. M. Domingos Freire dit n’avoir pas seulement trouvé le microbe de la fièvre jaune, mais également le vaccin. Ce n’est pas a l’aide d un virus atténué qu’il préserve « gens et bêtes »,comme le fait M. Pasteur, mais en leur injectant des microbes d’une autre espèce, qui détruisent ceux de la fièvre jaune. Il a d’abord expérimenté sur les animaux, puis sur l’homme; pratiqué quatre cents vaccinations avec grand succès.

Tout cela est encore bien hypothétique. Est-il certain que les animaux soient propres à prendre la fièvre jaune? Et puis, en injectant d autres microbes que ceux du vomito-negro, ne risque-t-on pas de substituer à une maladie incertaine, une maladie certaine? Nous ne parlons pas des difficultés pratiques. La vaccination est devenue populaire parce quelle est simple et d’un usage facile, s’adressant à une maladie la mêmeen tous pays. Mais recueillir autant de vaccins qu’il y a des maladies contagieuses différentes est chose impossible. Voyez quelle difficulté on a déjà à se procurer de bon vaccin! Il est beaucoup plus rationnel de se garantir des maladies miasmatiques par le régime et les modificateurs médicinaux. Ainsi, si on se trouve dans une région palustre, on prendra, tous les matins, quelques granules d’arséniate ou d’hydro-ferro-cyanate de quinine, avec un petit verre du spiritueux du pays — rhum, cognac, genièvre — et en même temps on aura soin de se garantir des vicissitudes atmosphériques et de bien se nourrir. Au besoin, on fera usage de quassine et d’arséniate de soude au repas, afin d’activer la digestion ; et, quant à la fièvre, on la combattra par les alcaloïdes défervescents et sédateurs. Ainsi dans la fièvre jaune, après le lavage du canal intestinal avec le Sedlitz Chanteaud, on donnera la strychnine, l’aconitine, la digitaline, la caféine, l’hyosciamine : 2 granules de chaque, tous les quarts d’heure, ou toutes les demi-heures, selon la marche de la maladie. Voilà les véritables moyens pratiques. Nous craignons que les expérimentateurs ne soient en train de fourvoyer la médecine en se lançant dans une voie extra-humaine, car il n’est pas permis de faire sur l’homme des expériences in anima vili (1).

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(1) Nous ne disons pas qu’il faille rejeter ces expériences, mais sans négliger les moyens vitaux., qui seuls peuvent combattre la maladie. D r B.

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

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