CLXXXIII
TRAITEMENT THERMAL DE LA'GRAVELLE URIQUE, PAR LE DOCTEUR - DURAND-FARDEL.
(Société thérapeutique, 23 janvier 1889.)
Il faut distinguer la diathèse urique de la gravelle et de l’arthritisme, qui en sont la conséquence. C’est mon cas depuis que l’âge est venu; mais je corrige cette disposition par l’usage journalier de la strychnine, de l’aconitine et de la digitaline, c’est-à-dire que j’active ainsi le foyer organique et empêche les concrétions de se former. Cela n’empêche que deux fois déjà j’ai subi l’opération de la lithotritië et que. ce ne sera peut-être pas la dernière fois, tant la diathèse urique par voie d’hérédité est puissante. Tant que j’ai pu me livrer à des exercices journaliers, faisant toutes mes visites à pied, j’en ai peu souffert, mais l’àge est venu forcément les restreindre.
M. Durand-Fardel admet deux sortes d’indications dans le traitement de la gravelle urique : 1° les indications prochaines, c’est-à-dire l’élimination du sable et des graviers rénaux déjà formés; 2° les indications éloignées, c’est-à-dire empêcher la formation de dépôts nouveaux. C’est mettre la charrue avant les bœufs.
M. Durand-Fardel divise" les eaux minérales employées dans le traitement de la gravelle urique en 3 groupes : 1° les eaux bicarbonatées jodiques; 2° les eaux sulfatées calciques bicarbonatées; 3° les eaux intermédiaires aux deux groupes précédents. Nous dirons en thèse générale que c’est introduire le loup dans la bergerie, malgré l’élément minéral salin de ces eaux. Il n’y a déjà que trop de tendance à la formation d’urate de soude chez les graveleux. C’est donc toujours sur la vitalité qu’il faut agir. On nous demandera pourquoi malgré la dosimétrie nous restons arthritique et disposé à la lithiase urique? Malins ! est-ce qu’on peut empêcher un mur salpêtré de suinter? On a beau l’enduire de couches imperméables, on ne fait ainsi que retenir le loup. Nous n’excluons pas les eaux thermales, mais
principalement pour usage externe. L’usage journalier du sel de magnésie, ainsi que les alcaloïdes défervescents doivent, en tout cas, coïncider avec la prise des eaux.