LE CURETAGE UTÉRIN, A LA SOCIÉTÉ DE CHIRURGIE DE PARIS
(Séance du S mars 1890.).
Cette discussion, à laquelle le professeur Trélat a pris part, fait regretter davantage la mort inopinée de ce clinicien à la fois hardi et prudent ; hardi, parce qu’aucune opération ne lui était étrangère ; prudent, parce qu il ne les pratiquait qu’avec une sage réserve. C’est ainsi que le curetage utérin avait trouvé en lui un adversaire convaincu. Dans la séance du 5 mars (c’est-à-dire quelques jours avant sa mort), il avait protesté contre cette opération, ou du moins qu’il y a toujours lieu d’instituer préalablement le traitement interne.
Nous sommes également de cet avis et que dans le plus grand nombre des cas les opérations pourront être évitées. D’ailleurs le nombre croissant de ces dernières prouve que la thérapeutique est délaissée pour une inutile « histoire naturelle ». La chirurgie ne doit entrer en scène que lorsque la médecine a dit son dernier mot,
PRODUCTION d’hÉMAGLOBINE DANS LA RATE.
(Trentième Congrès des médecins russes.)
Le professeur Kriouger (de Dorpat) a donné le résultat de ses analyses comparatives du sang provenant de l’artère et de la veine splénique, au point de vue de la richesse en hémaglobine, faites sur des chats. La pro-
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE. 213
portion d’hémaglobine dosée à l’aide du speetro-photomètre de Hafner a été trouvée plus considérable dans le sang de la veine splénique, où elle atteignait 9.52 p. c., que dans celui de l’artère, où elle s’abaissait a 9.28 p. c. L’auteur conclut de ces expériences comparatives que la rate produit de l’hémaglobine. .
Réflexions. — Cette différence était connue, mais l’auteur se trompe dans la conclusion. S’il y a plus d’hémaglobine dans le sang de la veine splénique que dans celui de l’artère, c’est que ce qu’on nomme la boue de la rate est formée par la fonte des globules rouges dont la matière colorante passe ainsi par la veine splénique au foie, où des nouveaux globules rouges se préparent pour être hématosés dans les poumons. Cette destruction peut aller jusqu’à produire la leucémie, ainsi que Virchow l’a fait voir. Il en résulte que la rate ést un organe d’hématose et non un simple diverticulum de la circulation digestive : de là, l’indication de la quassine et de l’arséniate de soude dans la leucémie ou chloro-anémie, conjointement avec les ferrugineux (arséniate, hydro-ferro-cyanate), comme on le fait en dosimétrie. Celle-ci est donc une physiologie -expérimentale et non un traitement symptomatique ou empirique comme ses adversaires le prétendent