VI
vous trouverez conjointement une diminution de l’urée dans les urines, considérez voire malade comme atteint d’une lésion rénale chronique au début. Administrez les purgatifs salins au début et les médicaments artériels (nitro-glycérine), et vous verrez les malaises disparaître, l’urée revenir à son taux normal et la lésion rénale s’arrêter. Sans cela, tôt ou tard, la néphrite chronique viendra dominer la scène et enlèvera le malade.
Nous dirons à notre tour ceci : Recourez à la trinité dosimétrique, qui sera l’ancre de salut, tandis que le traitement proposé par l’auteur sera souvent la barque de Caron. Il faut relever la vitalité (strychnine), régulariser la circulation parenchymateuse (àconitme), diminuer la pression intravasculaire (digitaline). En même temps on fera prendre tous les matins le Sedlitz Chanteaud. Si la digestion est en souffrance : quassine et arséniate de soude. Voilà comment la thérapeutique doit être comprise, c’est-à-dire toute une gamme et non un unisson.
EMPHYSÈME SOUS-CUTANÉ' DANS LE COURS DE L’ACCOUCHEMENT, PAR LE DOCTEUR REDFERN.
(The Lancet, février 1890.)
Primipare, vingt-six ans. Au bout de vingt-quatre heures de travail lent, on rompt les membranes avec le doigt. Les contractions deviennent plus intenses. La femme éprouve une douleur subite dans le cou, et aussitôt on s’aperçoit que l’œil droit est gonflé, la respiration gênée. On termine l’accouchement au forceps. La douleur au cou persiste; le gonflement occupe toute la face, plus marqué à droite; les parties antérieures et antéro-latérales du cou, le devant du thorax jusqu’au niveau des seins, présentent à la pression la crépitation emphysémateuse. Le lendemain, le gonflement avait beaucoup diminué. La femme était entièrement guérie au bout de douze jours.
L’auteur ne détermine pas où et comment la rupture s’était faite, et il faut admettre que ç’a été une simple fissure. Il recommande en pareil cas de terminer l’accouchement le plus promptement possible. Nous ajouterons : l’entraînement puerpéral par la strychnine et l’hyosciamine.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
DERMATITE AIGUË PRODUITE PAR LE CHLORAL AMIDE, PAR LE DOCTEUR PYE SMITH.
(Société de médecine de Londres.)
Le Répertoire s’est élevé à diverses reprises contre les extincteurs du sang, en voici une nouvelle preuve. Chez un homme de 40 ans, atteint d’anévrisme, auquel l’auteur avait administré le chloral amide, comme hypnotique, à la dose de 2.5 grammes, deux fois par jour, peu après survint une inflammation aiguë qui s’étendit à la peau du visage et au reste du corps. Il y eut en même temps du coryza, de l’albuminurie, de la fièvre. La dermatite se termina par une desquamation profuse. Ainsi le chloral-amide a agi ici comme un poison asphyxiant, comme les hydrocarbures en général.
DES LÉSIONS PULMONAIRES DANS l’iNFLUENZA, PAR LE DOCTEUR KOHLER.
(Société impériale royale de médecine de Vienne, 1890.)
L’auteur a établi des distinctions sur lesquelles il nous semble qu’il y a à revenir. La première consiste en abcès et pleurésies, consécutifs ou indépendants, terminés rapidement par la mort au troisième ou quatrième jour. Étant donnée.la rare,té .des abcès pulmonaires et des pleurésies purulentes primitives, il faut incriminer une cause spécifique dans ces.cas. L’apparition des altérations pulmonaires dès le début ou le lendemain du début de l’influenza prouve qu’il s’agit de l’action indirecte d’un virus encore inconnu et non d’une infection secondaire. La seconde distinction est celle désignée par l’auteur sous la rubrique de pneumonie lobulaire ai pleuropneumonie lente. Dans ce cas, l’influenza s’accompagne de bronchite, suit son cours ordinaire, mais le malade ne se rétablit pas. Le pouls et la res-
piration restent fréquents, la fièvre persiste et peu à peu on voit se développer une infiltration pulmonaire, qui gagne de proche en proche et n’est suivie de la guérison que très tardivement. Souvent ces pneumonies sont accompagnées de pleurésies séreuses ou pleurohémorragiques. Les pneumonies franches observées dans la dernière épidémie se distinguaient de la pneumonie ordinaire par l’absence des crachats caractéristiques, par la défervescence en lysis et par le caractère de la fièvre, qui n était pas sj continue que dans la pneumonie franche ordinaire. La troisième distinction est celle de bronchites graves pouvant se terminer par la mort et souvent accompagnées de pneumonies catarrhales.
De tout quoi il faut conclure à cette inutile histoire naturelle dont a parlé le docteur Amédée Latour. Si la maladie avait été attaquée franchement dès le début, les lésions organiques ne se seraient pas produites. Mais c’eût été de la dosimétrie. Et voilà ! Il n’y aurait plus matière à discussion. Tradidit mundum disputationibus illorum. Pauvre allopathie ! Pauvres malades! devrait-on plutôt dire.