‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 119 sur 246 · INTÉRÊTS PROFESSIONNELS. — COLLATIONS DES DIPLÔMES · texte numérisé non relu

INTÉRÊTS PROFESSIONNELS. — COLLATIONS DES DIPLÔMES

La Chambre des représentants de Belgique vient d’accoucher de changements à apporter au Haut-Enseignement.

La loi revue (mais nullement corrigée) a été discutée au Sénat, où elle a été sévèrement jugée par notre collègue M. le professeur Soupart : «Ce qui est grave, a-t-il dit, c’est que ceux en qui nous plaçons notre confiance, parce qu’ils possèdent un diplôme, puissent par suite de leur incapacité porter atteinte à nos intérêts, à notre honneur, à notre santé. Il faut des garanties, et ces garanties nécessaires ne peuvent se rencontrer dans des Établissements indépendants de l’État, trop soumis, par conséquent, aux influences particulières. La confiance morale nécessaire serait certainement donnée par un jury professionnel unique, mais les dispositions actuelles des esprits ne permettent pas encore cette réforme. » C’est-à-dire que tout restera encore longtemps dans lestai» quo. Voilà plus de dix-sept ans que nous avons fait du monopole universitaire notre Delenda Garthago. Mais il n’y a de pires sourds que ceux qui sont intéressés à ne pas entendre. Notre collègue voudrait s’en remettre aux établissements de l’État : mais

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étant lui-même professeur d’une université gouvernementale, on pourrait lui

répondre. «Vous êtes orfèvre, Monsieur Josse! » L État est un être fictif, dont la responsabilité échappe à la loi, parce qu’il est lui-même la loi. Il faut donc une magistrature indépendante comme pour la justice : une Haute-Cour ayant le droit de casser les arrêts des juridictions intermédiaires. Qu’on laisse chaque École faire son ménage, mais que ses produits soient sévèrement contrôlés. On n’aura plus à craindre alors, ainsi que l’a dit M. Soupart, avec une franchise qui l’honore, que ceux en qui le public place sa confiance, parce qu’ils possèdent un diplôme, puissent par suite de leur incapacité porter atteinte à vos intérêts et à votre santé. Dans la profession d’avocat cela est moins à craindre que dans la profession de médecin. Encore y a-t-il des mauvais avocats comme il y a des mauvais médecins. Avec cette différence que ceux-ci relevenl plutôt de leur savoir-faire que de leur savoir réel. Or, quand tous auront passé par la filière de la Ilaute-Cour, tous seront égaux devant la science.

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