DISCUSSION SUR LE TRAITEMENT DE L’HYDROPISIE
(Société de médecine de Berlin, 24 mars 1890.)
Les allopathes reprochent à la dosimétrie d’être une médecine des symptômes C’est se mettre le doigt dans l’œil. Nous en trouvons la preuve dans celte discussion surannée sur le traitement de l’hydropisie qui ferait douter que nous sommes en 1890. Un membre a dit « que le traitement de 1 hydropisie a subi à peine quelques modifications depuis les temps les plus reculés, ce qui s’explique par le fait qu’on ne saurait avoir recours pour l’évacuation des épanchements hydropiques qu’aux mêmes organes, es reins la peau, les intestins, et que les diurétiques, les sodonfiques, les drastiques dans ces cas sont loin d’être inoffensifs ». Nous ferons remarquer qu’il ne suffit pas d’évacuer les épanchements, mais de les empecher de se reproduire. A part les hydropisies par causes organiques, il s agit d’un affaiblissement du sang et des parois des vaisseaux. C’est pourquoi a strychnine et les arséuiates associés à la digitaline, la çplchjcme, sont m h-
SflSCELLANÉËS
qués. Pourquoi la Médecine moderne qui rend compte des discussions académiques ne les discute-t-elle pas à son tour, puisque c’est le rôle quelle s’est assigné dans son tintamaresque prospectus !
TÉTANOS TRAUMATIQUE, TRAITÉ PAR LE CHLORAL A HAUTES DOSES, LES RAINS DE VAPEUR FRÉQUENTS ET LES INJECTIONS SOUS-CUTANÉES DE PILOCARPINE, PAR LE DOC¬ TEUR VILLEMER.
(Académie de médecine, 2S mars 1890.)
Il s’agit d’un homme qui dans une chute se lit une fracture des os du nez. La guérison fut assez rapide, mais très peu de temps après, le tétanos se déclara, avec une toux grippale intercurrente. Le malade finit par guérir. C’est un beau résultat qui nous rappelle des cas de tétanos traumatique suite de fractures, notamment de l’humérus, à la hauteur de la gouttière radiale, avec piqûre du nerf suivis de mort. M. le docteur Paquet (Lille) a relaté plusieurs cas de guérison de tétanos traumatique par l’aconitine. Nous avons également obtenu quelques guérisons, mais en dehors de la piqûre des nerfs. Le traitement du docteur Villemer est donc à recommander.
EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DE L’iODOFORME.
On sait que le Répertoire a été un des premiers à faire connaître ce précieux médicament. La difficulté consistait dans sa préparation et sa conservation. L’idée de le mettre en granules semblait devoir être écartée à cause de sa volatilité. Or, la pharmacie dosimétrique a levé cette apparente impossibilité en le granulant, c’est-à-dire en l’obvolvant dans une coque de sucre de lait. Ces granules conservent ainsi indéfiniment leurs propriétés physiques et thérapeutiques. Quant à l’action de l’iodoforme, on sait qu’elle
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
est à la fois anesthésiante et désinfectante. Il convient donc dans la période de consomption de la phtisie. Combiné à la codéine qui est un narcotique doux, l’iodoforme rend la situation des malades moins fatigante et moins dangereuse pour ceux qui les soignent ou les entourent. Un des aides de M. Pasteur, à l’Institut antirabique de Paris, en étudiant l’action des antiseptiques sur le bacille de la tuberculose, a trouvé que l’iodoforme en solution éthérée, à la dose de dix millièmes, après cinq minutes de contact, tuait les germes tuberculeux. Au Congrès des médecins allemands, MM. Bayler et Songer, de Berlin, ont pareillement déclaré que l’iodoforme empêche le développement du bacille de Koch sur la gélatine. Des injections sous-cutanées quotidiennes d’une solution de vaseline iodoformée, dans le service du professeur Fournier, ont amené la guérison d’une scrofule tuberculeuse (?) et en même temps la disparition des signes d’une tuberculisation pulmonaire avancée (??). Il y a loin de là à un spécifique de la phtisie pulmonaire, mais c’est déjà beaucoup que d’en atténuer les effets. Nous donnons, d’ordinaire, 2 granules d’iodoforme et 1 granule de codéine pour le repos de la nuit, et dans la journée nous faisons mâcher quelques granules iodoforme aux malades pour la désinfection des crachats qui doivent être reçus dans un crachoir avec de l’acide phénique.