DYSPEPSIE ET CATARRHE GASTRIQUE, PAR LE DOCTEUR L. COUTARET
Nous lisons dans le compte-rendu que la Médecine moderne a fait de ce volumineux compendium la conclusion suivante :
« Nous pensons qu’on ne peut, à l’heure actuelle, classer les affections gastro-intestinales qu’en prenant pour point de départ la doctrine chimique: la théorie de l’inflammation est morte avec Broussais. Quant à la diathèse que l’auteur essaye de faire revivre, son existence, en tant qu’affectiou rhumatoïde, nous paraît des plus problématiques. La conception des maladies par ralentissement de la nutrition que M. le professeur Bouchard a mise admirablement en lumière, est la seule acceptable; et nous ne sachons pas que l’on puisse attribuer la goutte, la gravelle, l’artério-sclérose à l’influence du froid humide. En ce qui concerne les affections de l’estomac, la classification que nous avons proposée dans notre thèse inaugurale, nous paraît
MTSCELLANÈES
la plus rationnelle, la plus conforme à l’état actuel de la science; d’une part, un trouble fonctionnel initial d’ordre chimique (la dyspepsie), d’autre part, une affection organique secondaire : la gastrite subordonnée aux troublés d’ordre chimique, ces derniers compris dans leur acception la plus large et englobant les auto-intoxications. »
Ainsi nous voilà avertis : la vitalité n’est pour rien dans les troubles fonctionnels, tous sont d’ordre chimique! Mais pourquoi alors les médecins luttent-ils si souvent vainement contre la dyspepsie? Seraient-ils mauvais chimistes? Nous demanderons au surplus, pourquoi les modificateurs vitaux, tel que la strychnine, la quassine, l’hyosciamine, ont raison de ces troubles fonctionnels d’ordre chimique? Pour l’auteur du livre, le traitement doit consister dans l’emploi des alcalins : maltine, eaux de Vichy, pour la dyspepsie; médication acidulée, pepsine, eaux de Saint-Valmier, pour le catarrhe gastrique. Nous n’y contredisons pas, mais encore ne faut-il pas négliger les moyens vitaux qui sont les vrais remèdes.