LES SPÉCIALISTES
Avez-vous remarqué, chers confrères, que lorsqu’un spécialiste vient s’établir dans une localité, aussitôt les maladies spéciales affluent? On dira que c’est à cause du talent du spécialiste? Cela peut être pour quelques opérations spéciales comme l’ovariotomie — et encore ! — les chirurgiens sont bien bons de se laisser enlever cette source de revenus. Dernièrement à propos des officiers de santé, M. Lereboulet plaidait pour leur maintien, disant que sans cela les rebouteurs auraient foisonné. Mais n’avons-nous pas aujourd’hui des rebouteurs d’un nouveau genre, qui rabotent, grattent, curettent les organes féminins, comme s’il s’agissait d’un meuble? Nous sommes d’avis qu’il faut des mécaniciens tels que des dentistes, des orthopédistes, des bandagistes, mais que quant à la partie scientifique de son art, le chirurgien doit y suffire, et ne pas l’abandonner aux spécialistes, qui la plupart du temps sont peu ou prou médecins et ne connaissent que l’opération (et encore !).