PAPILLOMES^ DIFFUS DE LA VESSIE
(Société de médecine de Londres, mars 1890.)
L’opération de la cystotomie sùspubienne de M. le professeur Félix Guyon a trouvé des imitateurs en Angleterre. M. le docteur Spencer dans un cas de papillome diffus.de la vessie a traité avec succès par la curette. Les docteurs Pye, Roughton et Loon ont également employé la cystotomie suspubienne et le grattage. Les trois opérés ont guéri et sont restés depuis en bonne santé. M. Dickenson dit avoir observé un cas où le papillome
incrusté de phosphate, s’est détaché spontanément de la paroi vésicale et il a servi de noyau à la formation d’un calcul.
Jusqu’à M. F. Guyon, les malades étaient condamnés à une fin atroce, l’art étant impuissant; aujourd’hui il y aura plus souvent des recours à ce dernier avec des chances de succès. Le tout dépendra d’un diagnostic précis. Nous ajouterons de l’emploi des médicaments dosimétriques pour empêcher les fièvres d’accès.
SUR QUELQUES MODIFICATIONS DE LA FIÈVRE AUX ÉTATS-UNIS, PAR LE DOCTEUR KRANESKER.
(Société de médecine de Berlin, février 1890.)
L’auteur, qui a été quelque temps assistant à l’hôpital allemand de New- York, dit qu’entre autres maladies, il a observé une épidémie de fièvre typhoïde qui dura depuis le mois de juillet 1887. La physionomie de la maladie différa notamment de celle qu’elle présente en Europe : les malades étaient frappés subitement; le sensorium était troublé au plus haut degré; les malades se plaignaient de douleur à la tête, aux articulations et aux extrémités en général ; ils avaient des vertiges et souvent des vomissements violents. Presque toujours il y avait de la diarrhée fort rebelle dès les deux premiers jours de. la maladie et rapidement les selles présentaient les signes caractéristiques typhiques. Il y avait en général 40 accès. Assez souvent vint s’intercaler la période amphibode de Wunderlich et la température devenait distinctement intermittente, presque comme dans une fièvre quotidienne. Du reste, la fièvre paludéenne vers la fin de l’été et de l’automne est la maladie la plus fréquente à New-York ; mais en général bénigne. La mortalité de la fièvre typhoïde fut cette année-là de 2S p. c. La plupart des décès furent dus à des complications cardiaques, qui doivent être attribuées à l’abus des boissons alcooliques très commun aux État-Unis. Les hémorragies intestinales furent observées chez 10 p. c. des malades, toujours profuses et mortelles. Deux malades succombèrent à des perforations de l’intestin et à la péritonite consécutive. Parmi les complications de la convalescence, l’auteur signale un cas d’orchite et un cas de périostite.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
Commentaires. — On sait qu’au pied des monts Aleghanys se trouvent des marécages. C’est là que le professeur Salisbury découvrit, il y a plus de cinquante ans, les microbes palustres, tels que M. Lavaran en a constaté depuis en Algérie. Les fièvres infectieuses y sont donc très fréquentes et nécessitent l’emploi des arséniates de quinine, de strychnine, comme l’enseigne la dosimétrie. Aussi c’est dans l’Amérique du Nord que notre méthode a trouvé le plus d’adhérents. En pratiquant journalièrement le lavage intestinal par le sel de magnésie et le soir la trinité dosimétrique, on se garantira contre ces fièvres souvent mortelles quand on les laisse marcher.
SUR UNE NOUVELLE MALADIE ORGANIQUE DU COEUR : LA MYOCOROSE SEGMENTAIRE ESSENTIELLE CHRONIQUE, PAR LE DOCTEUR RENAUT (LYON).
(Académie de médecine, séance du 18 février 1890.)
On pourrait s’étonner que l’auteur donne le nom d’Essentielle à une maladie organique du cœur datant depuis un temps indéterminé et ayant amené une dissociation segmentaire de son tissu. Nous n’insisterons pas sur les caractères symptomatologiques d’une pareille affection, que pour dire qu’ici encore prévenir vaut mieux que guérir. Autopsier serait plus exact, car ce n’est que sur le cadavre que la lésion organique peut être constatée. C’est pourquoi nous ne cesserons de répéter :
Principiis obsta sera medicina paratur Cum'mala per longas invaluere moras.
Le Répertoire a donné l’historique d’une affection organique du cœur chez une haute personnalité de l’École que ses collègues ne sont pas parvenus à sauver d’une mort qui a été une longue agonie. Aujourd hui que nous avons la trinité dosimétrique : strychnine, aconitine, digitaline, on serait coupable de ne pas y recourir même avant tout diagnostic, celui-ci étant le plus souvent obscur et même impossible. Pourrait-on admettre sans cela que dans le cas que nous venons de rappeler des médecins en renom et en position se soient fait illusion sur le cas de leur collègue? S il