DU DEVOIR DES PROFESSEURS DE MÉDECINE
Ces jours derniers, deux élèves de la faculté de l’université de Gand, délégués à cet effet, sont venus nous présenter une liste de souscription pour un buste à offrir à un de leurs maîtres, M. le professeur Deneffe.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
Nous avons applaudi à cette manifestation aussi honorable pour eux que pour celui qui en est l’objet, d’autant plus que M. le professeur Deneffe a été un de nos élèves les plus distingués et un de nos plus ardents néophytes de la doctrine nouvelle, ainsi que le constate son article publié dans le Répertoire de 1872 et que nous reproduisons dans le Répertoire de 1892, comme étant encore actuel (l’article). Depuis cette époque, M. le professeur Deneffe n’a plus donné signe de vie dosimétrique. Que s’est-il passé? A-t-il éprouvé quelques désagréments de ce chef de la part de ses confrères? Nous n’en savons rien. Ou bien a-t-il reconnu la fausseté de la doctrine nouvelle et le danger de son,application, à ses malades? Dans ce dernier cas, il eût été de son devoir, et comme professeur et comme praticien, de le dire hautement, d’autant plus que son article avait eu un certain retentissement. Quoi qu’il en soit, nous avons profité de l’occasion pour demander à ces jeunes gens si dans les leçons tant théoriques que pratiques on leur parlait de la dosimétrie? Ils eurent la franchise de nous répondre que non, et que ce qu’ils en savaient leur était appris par la rumeur publique. Fama crescit eundo. Or, nous le demandons, n’est-ce pas là un manque au devoir professoral que de tenir sous le boisseau une doctrine que la grande majorité des médecins des deux mondes a acceptée et pratique, ainsi que le font voir les vingt années du Répertoire? La chose est triste (humainement parlant), mais ne doit pas étonner quand on consulte l’histoire des grandes découvertes scientifiques. J’ai remis alors, à ces jeunes gens, toute une pacotille $ Agenda dosimétrique pour 1892, afin de le répandre parmi leurs compagnons. Ils apprendront ainsi combien la méthode est simple, facile, sûre et commode, et alors sortis des bancs de l’Ecole ils sauront l’appliquer à leurs malades.
A quoi donc aura servi ce mutisme de sérail? A rendre la dosimétrie d’autant plus apparente qu’on veut la tenir secrète. La résistance de l’École d’alors à la découverte d’Harvey n’a servi en rien aux idées de Galien, et son prédécesseur, Hippocrate, quoique moins savant, n’en est pas moins aujourd’hui le père de la médecine vitaliste.