DE LANTISEPSIE INTESTINALE SUR QUELQUES ÉRUPTIONS MÉDICAMENTEUSES
[Revue de clinique et thérapeutique, 1890.)
' Habemiis fatenterri reum.
Voici l’article du journal : il est trop curieux pour ne pas le reproduire en sous-œuvre.
« Nombre d’auteurs ont signalé les éruptions produites par l’usage longtemps continué du bromure de potassium, du borate de soude, du chloral, de la quinine, des iodures, de l’iodoforme, des sulfureux, de l’arsenic, de l’antipyrine, du nitrate d’argent, etc. On a particulièrement
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étudié les éruptions que produit l’usage prolongé, par exemple dans le traitement de |épilepsiè, du bromure de potassium à la dose quotidienne d’au moins 4 grammes ; ou encore l’emploi du borate de soude à la dose de 2 à 3 grammes par jour au moins. M. Féré a eu la très ingénieuse idée de rechercher si l’antisepsie intestinale sérieusement faite, ne pourrait pas remédier à ces accidents parfois graves (ainsi qu’il en a récemment publié des cas curieux (1) dans les Annales de neurologie). Les résultats ont été remarquables (?), mais il faut employer des doses élevées d’antiseptiques intestinaux et procéder de la façon suivante, ainsi que l’indique M. Guenaud, un élève de M. Féré, dans sa thèse inaugurale. Tout en continuant le bromure ou le borax, les malades ont été soumis à la dose quotidienne de 4 grammes de naphtol et de 2 grammes de salicylate de bismuth. Chez tous, cette médication a été pratiquée avec succès et suivant la méthode spéciale qui suit : Dès l’apparition des accidents éruptifs on administre, deux fois par jour, avant les repas, à 11 heures du matin et à 6 heures du soir, un mélange de deux grammes de naphtol, de salicylate de bismuth un gramme, enrobés dans du pain azyme. Les malades prennent, le soir en se couchant, la dose quotidienne de bromure ou de borax. M. Féré emploie l’hydrothérapie comme adjuvant. Les résultats cliniques de l’antisepsie intestinale dans ces cas ont été les suivants : amélioration de l’état gastrointestinal; atténuation et le plus souvent disparition des lésions cutanées; augmentation des effets thérapeutiques du bromure de potassium et du borax. De plus elle permet de continuer l’administration de ces médicaments à des doses convenables, et même prolongées, pendant plusieurs mois sans inconvénient appréciable. »
Pour admettre la validité de cette médication antiseptique, il faudrait qu’elle fût réellement neutralisante; mais pourquoi faire du corps humain un évier. Ce serait donner raison à Molière. Mais la polypharmacie allopathique ne l’entend pas ainsi ; comme l’a dit le docteur Forget dans son livre : Principes de thérapeutique générale et spéciale .- « En associant une foule de substances, le praticien espère qu’une d’entre elles au moins atteindra le but. C’est ce que j’appelle familièrement une décharge à mitraille, dont quelques éclats pourront, par hasard, frapper l’ennemi, c’est-àdire la maladie. » La preuve qu’il en est autrement, c’est que même avec l’antisepsie intestinale le traitement doit être continué pendant des mois. Pourquoi alors n’en pas arriver à la méthode si simple, si sûre, si rapide de la dosimétrie? Le matin, lavage du tube intestinal par le sel déshydraté de magnésie (sulfate), au commencement des repas quassine et arséniate de soude 3 à 4 granules de chaque et à la fin quelques gouttes d’acide chlorhydrique médicinal dans une gorgée de vin, même s’il y a des cru-
dités, car il ne faut pas perdre de vue les acides lactique, butyrique, alcoolique, etc. Cette fermentation du suc gastrique est déterminée, d’une part, par la décomposition du mucus, de l’autre par la nature des aliments. Ainsi les degrés inférieurs de décomposition favorisent la fermentation lactique, tandis que les. degrés supérieurs qu’on rencontre quand la maladie de l’estomac a déjà duré quelque temps, amènent la fermentation butyrique. L’une et l’autre fermentations sont favorisées quand, outre les bydrures de carbone, il se trouve dans l’estomac des matières grasses. C’est à ce point de vue surtout, que le lavage de l’estomac au sel de magnésie est si utile et dispense de tous les antiseptiques d’un usage si écœurant pour les malades, au point qu’ils préfèrent cesser tout traitement plutôt que d’en endurer le martyre. (Voir notre manuel : Les dyspepsies.)