CCXLVIII
Les rechutes de la scarlatine.
(.Edimburg med. Juurn., octobre 1894.)
Le docteur Baddic a publié deux cas de rechutes scarlatineuses. Le premier malade, après une attaque de moyenne intensité, suivie de desquamation et ‘d’albuminurie, était en pleine convalescence, quand, le 37 ü jour, s’étant exposé à un froid humide, il fut pris d’un accès de fièvre (39°S), et une nouvelle attaque de scarlatine évolua régulièrement. La desquamation fut plus abondante qu’après la première poussée. Chez le second malade, la rechute eut lieu le 27° jour; la desquamation débuta le 35 e jour; elle fut partielle et peu abondante, au bout d’une semaine le malade était guéri.
Réflexions. — Il en est des rechutes de la scarlatine, comme de celles de la fièvre typhoïde — deux affections voisines : c’est quelles n’ont pas été suffisamment éteintes. Cela n’arrive pas avec le traitement par les alcaloïdes défervescents. Nous avons cité le cas d’une petite fille qui avait contracté la scarlatine au simple contact de sa mère après une visite dans une maison où régnait cette affection. Quelques granules d’aconitine suffirent pour éteindre la fièvre, et la desquamation prouva que c’était bien
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
une scarlatine. La petite malade ne dut pas garder la chambre, et sortit au bout de huit jours sans aucun résultat fâcheux (ni hydropisie, ni albuminurie). Ce sont les alcaloïdes défervescents qui tuent les microbes (si microbes il y a).
Dans les maladies zymotiques ou infectieuses, il faut prendre préventivement quelques granules de strychnine,d’aconitine, de digitaline, d’hydroferro-cyanate de quinine, ainsi que l’enseigne la dosimétrie. Même quand la maladie a évolué, il faut donner les alcaloïdes pendant tout le cours de la fièvre, n’importe sa durée. C’est là ce que nous nommons la « jugulation » et non, « du coup», comme les fièvres intermittentes. Tout dépendra de la période d’incubation : plus celle-ci sera longue, plus longue sera la durée de la fièvre, qui doit s’éteindre lentement sans laisser de traces ou complications. Il faut surtout observer les accès ou redoublements, soit diurnes, soit nocturnes, afin de régler le traitement. La thermométrie est donc nécessaire tout comme en allopathie, avec cette différence que celle-ci par ses médications grossières complique le mal, ce dont l’allopathe agissant ne se doute pas. Nous renvoyons à Y Agenda dosimétrique pour 1892 pour la marche à suivre dans le traitement des fièvres zymotiques. On a dit de ces fièvres quelles ont leur cycle; cela est vrai, pourvu qu’on sache le rendre inoffensif. Ainsi le temps ne fait rien à l’affaire, pourvu qu’on sache le diriger.