DE LEMPLOI DES PURGATIFS APRÈS LES OPÉRATIONS ABDOMINALES
(Société de chirurgie de Paris, 17 février 1892.)
M. Lucas Championnière dit : qu’il n’est pas facile de faire le diagnostic des obstructions intestinales et de le différencier des étranglements. Selon lui, les purgatifs administrés dans ces cas n’ont aucun inconvénient. Il donne un purgatif à tous les malades qui ont subi une laparotomie.
M. Fellzet dit que c’est alors que M. Championnière se refuse à donner de l’opium et administre systématiquement les purgatifs. Il y a lieu d’étudier chaque cas; de chercher les indications et les contre-indications.
Cette observation est fort juste quoique n’étant pas neuve. Les anciens pour vaincre une constipation rebelle donnaient tantôt un purgatif, tantôt un antispasmodique, tantôt un opiacé. C’est encore la conduite qu’il faut suivre aujourd’hui, caries faits de la physiologie pathologique se suivent et ne se ressemblent pas. Nous avions opéré un individu
d’une hernie sus-ombilicale suite d’intoxication saturnine. La réduction faite.nous avions ordonné l’hyosciamine : un granule dans une cuillerée d’huile de ricin, à répéter de demi-heure en demi-heure. L’opération avait dû être pratiquée à l’entrée de la nuit. A notre visite du lendemain, la débâcle ne s’étant pas produite, à l’hyosciamine nous fîmes ajouter la strychnine et l'effet eut lieu au bout de trois quarts d’heure. Dans la discussion dont il s’agit ici, un membre a fait observer un cas de mort que l’on doit attribuer à l’administration d’un purgatif. Un autre membre a observé un cas de mort imputable à la même cause. Toujours le : Tradidit mundum disputationibus eorum. « Pauvre mopde ! »