‹ Miscellanées de médecine dosimétriqueChapitre 162 sur 246 · A PROPOS DES MICROBES DK LA SUPPURATION, PAR LE PROFESSEUR GLUCK · texte numérisé non relu

A PROPOS DES MICROBES DK LA SUPPURATION, PAR LE PROFESSEUR GLUCK

(Académie royale de médecine de Belgique, séance de septembre 1891.)

Pauvre M. Gluge! Il se survit. De tous côtés les bacilles le harcèlent. Il rappelle l’histoire des psorospermes dont il a, le premier, donné la description en 1838, et qui sont peut-être appelés à jouer un rôle considérable en pathologie. 11 arrive ensuite à cette conclusion : « que la pathologie i;e doit être ni cellulaire ni microbienne ; quelle sera la science pathologique après la découverte des lois de la nutrition. En attendant, la médecine restera l’art médical qui profitera des progrès de toutes les sciences pour prévenir et pour guérir. Pour y parvenir, il faudrait, dit-il, dans chaque État civilisé un ministère d’hygiène publique. »

Trop tard ! cher Collègue ; il n’y a déjà que trop de ministres d’hygiène. Le professeur émérite dit juste quand il exprime que la médecine ne doit être ni cellulaire ni microbienne, mais vitalecomme îe voulait Hippocrate et comme l’a faite la dosimétrie. Le laboratoire a envahi la clinique, parce que celle-ci s’est montrée impuissante. Leuwenhoeck a eu son

DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.

temps. Ehrenberg a eu le sien; et Koch a à peine apparu sur l’horizon que déjà il est descendu au-dessous, comme le soleil, mais pour ne plus reparaître.

DU TRAITEMENT DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE PAR LE CHLOROFORME, PAR LE D 1 ' WERNER, MÉDECIN DE L’HÔPITAL DES NÉGOCIANTS ALLEMANDS, A SAINT-PÉTERSBOURG.

L’auteur emploie le chloroforme à 1 p. c., en potion. Les malades en prenaient une à deux cuillerées à bouche d’heure en heure, ou toutes les demi-heures jour et nuit, sans interruption, tant que durait la période d’acuité de l’affection. Lorsque les phénomènes morbides s’amendaient, il diminuait progressivement les doses ; mais, même après la disparition de la fièvre, il continuait encore pendant quelque temps le traitement à raison de quelques cuillerées par jour.

Réflexions. — Tout ce qui guérit est bien ; mais l’usage prolongé du chloroforme finit par éteindre le sang, comme l’eau l’incendie.

L’auteur ne dit pas ce que deviennent les malades après guérison; s’ils ne restent pas inertes, hébétés comme après l’emploi du chloral et des éthers en général? Dans la fièvre typhoïde, ce n’est pas tout de tuer les microbes, mais de relever les forces vitales. Voilà pourquoi la strychnine, l’aconitine, la digitaline sont nécessaires.

PLEURÉSIE DÉTERMINÉE PAR LE BACILLE DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE, PAR LE DOCTEUR KELSCH.

L’auteur rapporte l’observation d’un malade âgé de 22 ans, entré à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, au mois de février 1891, pour une pleurésie primitive gauche, semblant au début devoir évoluer sans la moindre complication. Des ponctions répétées donnèrent issue à un liquide louche,

MI SCELLANTES

d’apparence hématique, dans lequel on constata la présence d'un seul micro-organisme, le bacille typhique, décelable par toutes les réactions qui lui sont propres. L’épanchement était devenu purulent, on fut obligé de pratiquer l’opération de l’empyème. Malgré cela, le malade succomba avec les accidents de la fièvre hectique, après avoir présenté dans les derniers jours de sa vie, les signes d’un épanchement à droite. L’auteur ne dit pas quel a été le traitement interne qui a été institué. « La pleurésie primitive semblait devoir évoluer sans le moindre accident, '» A-t-on songé à y aider par les défervescents ; la strychnine, l’aconitine, la digitaline, la cicutine, comme la dosimétrie le commande? Il faut croire que non, d’après l’issue fatale. Nous laissons là ce bacille typhique unique qui est une véritable dérision.

Que la pleurésie ait dégénéré en fièvre typhoïde, ou plutôt que ce soit cette fièvre à l’état latent qui ait déterminé la pleurésie, cela se conçoit ; mais qu’un pauvre bacille ait donné lieu à tant de désordres, il ne méritait ;

« Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité. «

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