CCLXXVII
l’influenza devant la société de médecine de paris (Séance du 14 janvier 1892.)
Une discussion intéressante s’est engagée sur la communication de M. le docteur Beauvais. Pour M. Michel, il s’agit d’une fièvre pernicieuse, analogue à la fièvre palustre, et comme telle réclame dès le début l’emploi du sulfate de quinine. M. le docteur Michel, qui a exercé dans certaines contrées marécageuses de l’Algérie, dit qu’il y a toujours vu employer, à titre préventif, avec succès, l’alcaloïde du quinquina. Lui-même il l’a toujours fait et n’a pas eu à le regretter. Le sulfate de quinine n’est pas seulement un antipériodique, c’est aussi un tonique : par cette double action, il répond à une double indication.
Nous -Répondrons que cela dépend des doses : ainsi dans nos poldres, le sulfate de quinine à la dose de plusieurs grammes (b, 6 et même 7 et 8) donne lieu à des accidents gastriques et cérébraux. A doses fractionnées et associé au sulfate de strychnine (1 centigramme contre \ milligramme), en allant jusqu a effet, on est toujours sûr du résultat.
Dans la période de chaleur, on donnera l’aconitine, la digitaline, la vératrine comme défervescents. Il faut bien se persuader qu’en médecine il n’y a pas de spécifiques, mais des troubles fonctionnels auxquels il faut opposer les agents pharmacodynamiques appropriés. C’est pourquoi la dosimétrie n’est pas un système, mais une méthode, comme l’a fort bien dit feu le docteur Maréchal (de Calvi), au début. — Si l’École l’avait compris, la médecine depuis vingt ans serait unifiée, au lieu d’être encore la Tour de Babel où chacun veut avoir le dernier mot. Espérons que par la dispersion, on finira par se rallier à la méthode nouvelle (et cependant déjà vieille). D r B.
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE;