DE LA FIÈVRE MIASMATIQUE DES RÉGIONS TORRIDES
Le lieutenant Jérôme Becker, dans son livre La vie en Afrique, nous a fait connaître ces terribles fièvres sous un soleil torride et cependant s’annonçant par un froid algide. Le traitement consiste dans de fortes transpirations ; puis, l’accès de froid passé, dans l’emploi du sulfate de quinine à doses fractionnées. Levaillant réprouve avec raison les doses massives qui ne font qu’entretenir la fièvre. Nous pensons que les transpirations forcées sont trop débilitantes dans ces climats, et qu’il faut, au contraire, donner les excitants vaso-moteurs : la strychnine,' la quinine à la dose de 2 ou 3 granules avec du thé; puis, la réaction étant survenue, la digitaline, l’aconitine, la vératrine jusqu’à relèvement complet des forces. Dans l’expédition dont le lieutenant Becker faisait partie, le capitaine Raymaecker et le lieutenant De Leu ont payé de leur vie le traitement par les transpirations. Il en est comme dans le choléra asiatique où les sueurs exagérées ramènent l’accès par la débilitation des malades. Il faut donc procéder comme nous venons de dire : c’est-à-dire dosimétriquement. (Voir notre opuscule : Hygiène des pays torrides .)