VI
LE SULFATE DE QUININE A L’iSTHME DE PANAMA.
(The Ph. Journal, 1891.)
D’après le Satellite de Philadelphie, pendant les travaux exécutés au percement de l’isthme, on n’a pas usé de moins de 200,000 onces de quinine par an. Beaucoup d’employés avaient pris l’habitude de prendre la quinine comme prophylactique à hautes doses dans du rhum ou du vermouth. Il en résultait que le remède n’avait plus d’effet contre la fièvre. L’antipyrine n’a pas donné de résultats notables contre la fièvre intermittente, et quand on l’administrait comme modérateur de la température oit comme calmant, elle semblait annihiler pour quelques jours l’action du sulfate de quinine.
Si on avait eu recours, simultanément, à l’arséniate de strychnine et de quinine, ou bien à l’hydro-ferro-cyanate du même sel, quelques granules par jour, 6 à 8, eussent suffi.
CGC VI II
CONSIDÉRATIONS PHYSIOLOGIQUES SUR LA GLYCOGÉNIE HÉPATIQUE, PAR LE DOCTEUR DUJARDIN-BEAUMETZ.
Depuis les découvertes de Cl. Bernard, la glycogénie hépatique est admise en fait; mais cette propriété n’appartient pas seulement au foie; le pancréas semble la partager avec lui. Ce sont toujours les éléments hydrocarbonés imparfaitement brûlés, qui donnent lieu à la production de sucre animal.
Au reste, il n’y a là rien de particulier, puisque les glandes mammaires sécrètent le sucre de lait. La glycogénie, et partant la glycosurie, sont donc le fait d’un défaut d’oxydation du sang. Ce qui le prouve, c’est que les hydrocarbures qui tendent à éteindre les globules rouges du sang, amènent le diabète; par exemple ; l’éther, le chloroforme, le chloral
DE MÉDECINE DOSIMÉTRIQUE.
combiné à la morphine, dont on abuse à la journée. M. Dujardin-Beaumelz signale encore la phloridzine. Nous en dirons autant de la plupart des produits de laboratoire qu’on a voulu ériger en médicaments. La théorie importe ici assez peu, puisque ce n’est pas seulement dans le foie et le pancréas qu’on trouve du sucre : le sang en renferme toujours une certaine quantité. — Il en est de même des muscles, du cœur, des poumons, des reins, du cerveau, des glandes.salivaires, du pancréas. De sorte qu’on peut dire que le diabète est une maladie générale, par défaut d’oxydation du sang et des tissus. Ce fait est important pour le traitement. On sait que feu le professeur Bouchardat voulait que ce traitement fût exclusivement hygiénique : « Est-ce aux drogues — dit-il — que je demande aujourd’hui la guérison de la glycosurie? Combien leur intervention est douteuse et souvent nuisible! Toujours, au contraire, une alimentation sagement dirigée, suivant les individualités morbides, un exercice de tous lès jours'suffisant pour amener la destruction du sucre, conduisent à des résultats heureux.
» Quand il n’existe encore d’irrémédiables complications, tous les glycosuriques qui ont de la bonne volonté, de l’intelligence et de la persévérance, guérissent sans médicaments, avec la seule puissance des moyens hygiéniques. »
Et dire que c’était là le langage d’un professeur de matière médicale ! Il est vrai que, comme tant d’autres, les échecs en allopathie l’avaient rendu sceptique. L’hygiène est chose utile, indispensable, mais par cela même que rien n’est plus difficile dans la pratique, il faut, en même temps, la thérapeutique. Or ce n’est pas ainsi quertentendait le Nestor de la pharmaceutique. Aujourd’hui avec les moyens de la dosimétrie, le traitement du diabète s’est singulièrement simplifié, l’air, les aliments étant rarement suffisants dans la vie dite civilisée que nous nommerons «contre-nature », il faut y suppléer par les moyens de la matière médicale. Mais ces moyens doivent répondre à la fin, et non y faire obstacle comme en allopathie. 11 faut la quassine, l’arséniate de soude pour la digestion des aliments, la strychnine pour relever le ton des tissus (slrictum des anciens), l’aconitine pour activer la circulation périphérique, la digitaline pour l’élimination des produits résiduels de la nutrition. En un mot, comme en mille, il faut la Trinité dosimétrique. Quand M. Dujardin-Beaumetz en sera là, nous irons le dire à Rome.