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FALSIFICATION DES DENRÉES ALIMENTAIRES

Un député italien a formulé récemment devant les délégués d’une Exposition internationale de mouture et de panification, le relevé suivant, qui est comme la synthèse du progrès industriel et commercial'de nos jours.

Entrée. — Vermout fabriqué à l’acétate de plomb, rendu amer par l’acide picrique.

Hors-d'œuvre. — Saucisson d’Auvergne, plein de trichines, roulé dans une enveloppe jaune de chromate de plomb, obtenu par le nitrate de potasse. — Sardines à l’odeur du plomb de la soudure. — Pain fabriqué avec de la fécule, farine .de châtaigne et poudre de talc. — Beurre de Hollande et de Normandie, de première qualité, fabriqué avec des déchets de graisse, cervelle de mouton., fécule et baryte de seconde qualité, obtenu par la margarine avec de l’huile d’arachide ou de coton. — OEufs : le blanc fabriqué avec l'albumine de sang d’abattoir; le jaune teint au chromate de plomb.

Potages. — Tapioca à la farine de pommes de terre. — Chapon soufflé à bouche d’homme. — Truffes fabriquées avec des pommes de terre gelées, noircies au sulfate de fer et conservées dans les latrines pour l’acide sulfhydrique. — Chocolats falsifiés avec des graphites. — Bonbons fabriqués avec de la farine de châtaigne et plâtre, et au vernis de Paris.

Boissons. — Vins falsifiés avec de l’alcool et de l’eau de mer; glucose, aniline", un morceau de cuivre 'dans le fût pour leur donner plus de force alcoolique, souvent composé de tout, excepté de raisins.—Bière à l’acide salicylique. — Nota : Depuis la démonstration de Dubresoy, on né le vend plus en Allemagne, mais on le fabrique pour l’exportation. — Café et chicorée : pois et chicorée. — Sucre : Saccharine, anhydride, sulfaminc.

Le public, qui ne lit pas le gros volume de Baudrimont et Chevalier : Falsification des denrées alimentaires, etc., sera frappé de cette forme humoristique et cependant très sérieuse au fond. Malheureusement il n’y peut rien : il est là pour faire marcher le commerce. Que serait-ce s’il connaissait les sophistications des -subdances médicamenteuses : ce serait lui ôter le goût d’être malade. C’est au pouvoir à serrer les sophislicateursde près et à édicter des peines infamantes contre eux. Les amendes n’y

font rien, ne représentant pas la centième partie des bénéfices réalisés par ces fraudes homicides; pas même l’emprisonnement à temps, qui permet aux sopliisticateurs de méditer de nouvelles fraudes. Il y a surtout un commerce qu’il faut surveiller : celui des droguistes qui se retranchent derrière les pharmaciens, presque toujours complices inconscients de ces fraudes. En vain arguerait-on du bon marché : c’est déjà une présomption de délit. Si la dosimétrie rencontre tant d’obstacles, c’est de la part des droguistes (du moins de quelques-uns). Avec les médicaments allopathiques cela ne tire pas à conséquence, car plus les substances sont inertes et plus leur emploi augmente : par exemple la digitale, qui trouve des prôneurs dans les Académies. Mais il n’en est pas de même avec les alcaloïdes. Caveant consulcs! B r B.

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