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rencontrent parfois des mystères qui se jouent d'elles et les humilient, des mystères dont nous ne savons rien, malgré nos études; où nous ne voyons nen, malgré nos efforts, et dont nous ne pouvons rien dire que ce mot : un accident! parce que nous n’avons que ce mot pour signifier l'inconnu... J ai déjà eu, il y a cinq à six ans, une malade opérée pour la même affection. Le lendemain de l’opération, je la trouvai tourmentée, anxieuse, agitee, brûlante, toujours remuante... Au reste, pas plus de désordre intérieur que chez la malade d’aujourd’hui. Elle mourait au bout de trois jours,, et 1 autopsie ne m’apprenait rien de la cause de sa mort ; ne me révélait pas une lésion matérielle. Monsieur Bornier, vous voilà prévenu suivez bien la maladie et le traitement... vous comprenez, le plus énergique... » 1
On ne saurait douter que ce tableau ne soit pris sur le vif II y a des scènes qu’on n’invente pas, et celle que nous venons de transcrire est trop i. te P° ur que 1 imagination de l’auteur en ait fait les frais. Le chirurgien plus encore que le médecin se trouve devant « l’accident » Il a beau suivre les prescriptions de l’art, tout n’est pas dans les organes et la vitalité qui les prime, c’est l’inconnu. La nature, en nous donnant les excitants vitaux ne nous abandonne pas ses mystères, seulement elle nous dit :
« Employez-les. » Pourquoi ne pas suivre celle voix d’en haut, au lieu de vouloir toujours s’en rapporter à cette « inutile histoire naturelle » dont parle Amedée Latour? Ne négligeons aucun moyen d’auscultation, de percussion, mais ne négligeons pas les moyens internes. C’est pourquoi la dosimétrie ne doit pas être négligée. Loin de vouloir proscrire les méthodes usitées, elle leur donne une précision quelles n’auraient pas sans elle.
DES INDICATIONS DE LA QUININE DANS LA PNEUMONIE, PAR LE DOCTEUR MORY PUTNAM JACOBI.
{The New-York med. Journ., 4 juin 1887.)
Cest en reprenant les expériences de Cberone (voir la Gaulle hebdomadaire ie 1878), que le docteur Jacobi attribue aux propriétés toxiques de la quinme son utilité pour combattre les pulmonies adynamiques; elle augmente la diastole cardiaque et diminue la congestion pulmonaire, en
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provoquant ainsi l’aspiration plus énergique du sang; elle accroît la systole et par conséquent augmente la rapidité du cours du sang dans la petite circulation. Cette mise en jeu de l’activité du système nerveux est le résultat de petites doses de quinine. D’autre part, l’apyrexie ne contre-indiquerait pas l’usage de ce médicament et donnerait alors encore de beaux résultats. Pour ce motif, l’auteur conseille d’en continuer 1 administration tant que la perméabilité du parenchyme pulmonaire n’est pas rétablie. Il considère donc la médication quinique de la pneumonie comme ayant pour objet de résoudre la congestion pulmonaire, en augmentant la diastole cardiaque et la vaso-dilatation et en tonifiant les centres nerveux; à ce point de vue, la quinine exercerait une heureuse influence sur le pronostic de la maladie, dont elle diminuerait la gravité.
Réflexions. — Quoiqu’on médecine tant valent les faits, tant valent les explications, celles que nous venons de rapporter ne sont pas dénuées d’intérêt. C’est un mélange de mécanique et de dynamique : d’une part, l’aspiration du sang des poumons par la diastole cardiaque; de l’autre, le resserrement du parenchyme, pulmonaire par les vaso-constricteurs. A cela nous n’avons rien à dire, pas plus qu’aux petites doses de quinine ; seulement nous voulons qu’on associe à cette dernière la strychnine (arséniate), afin du relèvement des forces vitales. Ainsi tous les quarts d’heure un granule arséniate de quinine et un granule arséniate de strychnine. On y ajoutera l’aconitine, la digitaline, la vératrine, comme défervescents (en alternant), et on favorisera l’expectoration par de petites doses de kermès minéral. 11 ne faut pas perdre de vue que la dosimétrie est une méthode, tandis que l’allopathie est un système, tantôt par les saignées, tantôt par le tartre-émétique, quelquefois par tel ou tel spécifique en tant qu’il guérit encore.
LA DOSIMÉTRIE CONFIRMÉE. — LA STRYCHNINE ASSOCIÉE A LATROPINE CONTRE LASTHME ET LA DYSPNÉE, PAR LE PROFESSEUR T.-F. MAYER, DE BOSTON.
(La Semaine médicale, 25 juin 1890.)
L’auteur dit avoir obtenu, dans plusieurs cas de dyspnée avec toux et d’asthme, surtout d’asthme nerveux, de très bons résultats, meilleurs
qu’avec tous autres moyens, par les injections Hypodermiques de strychnine associée à l’atropine, la première à la dose de l à 3 milligrammes, la deuxième de 1/4 à 1/2 milligramme. On fait ces injections trois fois par jour; puis, dès que le malade est un peu soulagé, tous les deux jours, et on cesse lorsque l’amélioration paraît persistante.
Réflexions. — On n’emprunte qu’aux riches, voilà pourquoi le Répertoire, qu’on a voulu tenir sous le boisseau du silence, est la vache à lait où viennent s’abreuver ceux qui jusque-là ont servi de pâture à l’ours allopathique.
Allopathiquement l’association de la strychnine et de l’atropine est une monstruosité thérapeutique contre laquelle Guider s’était élevé dans son volumineux compendium. Il prétendait que les médicaments antagonistes s’entre-détruisaient dans l’économie malade, et, partant, qu’il fallait les donner isolément, selon la nature des symptômes. La dosimétrie a démontré que ce prétendu antagonisme était du synergisme, afin de rétablir l’équilibre physiologique. Ainsi dans l’asthme et la dyspnée, il y a, à la fois, spasme et subparalysie et subsidiairement engouement pulmonaire. Il faut donc agir sur les deux fadeurs pathologiques par la strychnine et l’atropine. C’est ce que fait le docteur Thomas-F. Mayer, qui est ainsi dosimètre à son insu, car nous lui accordons le bénéfice de la bonne foi. Quant au mode d’administration, les injections hypodermiques, indépendamment qu’elles sont assujettissantes pour la médecine, elles peuvent présenter des dangers pour le malade. Ainsi dans un cas analogue à ceux du docteur Thomas Mayer, nous avons vu survenir le délire mydriatique par suite de l’action trop directe de l’atropine sur le centre cérébral. Le contraire pourrait avoir lieu par la strychnine. Nous combinons généralement l’atropine à la morphine, afin de prévenir le spasme et la sécheresse du gosier ; sur la fin de l’accès, nous donnons la digitaline pour rétablir la diurèse, suspendue dans l'asthme. Quoi qu’il en soit de ces réserves, nous donnons acte au docteur Thomas Meyer de sa conversion.
LA COTOÏNE COMME ANTIDIURHÉIQUE, ANTISEPTIQUE ET ANTIPUTRIDE.
La cotoïne, qui fait partie de la pharmacie dosimétrique, est extraite de
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l’écorce du coto (de la famille des laurinées), importée de Bolivie sous le nom de china-coto, et employée aux lieux d’origine contre la goutte, le rhumatisme et la diarrhée. Nous en avons fait l’essai sur nous-meme, dans un cas de relâchement du ventre par cause catarrhale, et 1 effet que. nous en avons éprouvé nous permet de recommander ce remède, notamment pour les enfants. Trois à quatre granules suffisent d’ordinaire. En cas de coliques violentes on combine la cotoïne à la codéine. Pour les tout petits enfants, on écrase un granule de chaque dans un peu d’eau sucrée, qu’on donne par petites cuillerées à oa$. Nous trouvant aux bains de mer, nous fûmes consulté pour un nourrisson pris de coliques diarrhéiques par refroidissement. Le médecin de l’endroit avait prescrit une potion au bismuth et au laudanum. La potion était mal préparée, car elle laissait déposer le bismuth au fond de la bouteille. On sait que le bismuth contient souvent de l’arsenic et on a vu des empoisonnements dus à cet agent. C’était sans doute le cas ici, car la nourrice nous fit observer qu’à chaque prise de la bouteille l’enfant souffrait davantage, et elle n’avait ose continuer d’en donner. Il n’était que temps, car l’enfant était pâle, les traits tirés et le ventre contracté. Voyant cela, nous tirâmes de notre pharmacie de poche un granule codéine et deux granules cotoïne que nous broyâmes avec un peu d’eau sucrée, à donner comme, nous l’avons dit plus haut, et envelopper le ventre d’une flanelle. Pour boisson de l’eau de gomme édulcorée, également par cuillères à café. Le lendemain les coliques étaient disparues et l’enfant avait pu être remis au sein. Ce qui prouve l’utilité d’une pharmacie de poche. A la campagne, on est souvent pris au dépourvu. Nous citerons le cas d’une dame - également aux bains de mer — atteinte d’une bronchite profonde, pour laquelle le docteur avait prescrit une bouteille de kermès et des pilules de cynoglosse. Quarante-huit heures après, la prescription pour laquelle il avait fallu envoyer à la ville voisiné, n était pas encore arrivée. La malade eût eu tout le temps de mourir s’il s’était agi d’une fièvre pernicieuse. Que dirait-on d’un soldat placé aux avant-postes sans munitions? Nous nous sommes souvent demandé si les malades sont faits pour les pharmaciens ou les pharmaciens pour les malades? On se retranche derrière la loi, comme si la première loi n’était de sauver la vie.